La domination de l'ananas sur le monde

Le règne animal et végétal, dans l'histoire de la mode et du design, c'est de l'amour fou, des ruptures et des come-back. La nature constitue une grande source d'inspiration pour les créateurs en tous genres. Les fleurs, sont des motifs récurrents et populaires ; seule la manière de les représenter, a vraiment évoluée au fil du temps. Les animaux, mais aussi les fruits, sont quant à eux, d'avantage sujet aux effets de modes et donc aux changements d'états d'esprit d'une population.

ananas montage.jpg

Si ce sujet te parait flou, tu vas vite comprendre de quoi il s'agit, à la seule évocation du roi des animaux à la mode (non, pas le lion...) : "Le Flamant Rose". On le voit partout, PARTOUT depuis 2015. C'était déjà une star de longue date, dans les dessins animés, la littérature et la peinture. Mais pourquoi cette explosion ? Tout d'abord le rose. C'est la couleur phare des années 2000, c'est l'équivalent de la couleur orange dans les années 70.  Ensuite, l'esthétique de cet oiseau est fabuleuse. Ses pattes, comme des cannes, aussi longues et fines que son cou, lui donne la démarche élégante d'un dandy. Pour les designers, il est très facile à caricaturer et à détourner. De l'arrosoir, à la bouée, en passant par des illustrations et des bijoux ; tout peut être fait en "version flamant rose".

Pour les fruits, tu l'auras deviné, c'est l'ananas qui remporte la palme. Fais l'expérience de taper "ananas décoration" dans Google Trends et tu verras que la tendance est en progression constante. [Le pic d'influence est prévu pour ce mois-ci !] Plus sérieusement, ce fruit fascine depuis sa découverte à la fin du XVème siècle et son succès décoratif date de l'époque coloniale (entre le XVIIème et le XIXème). Il symbolisait l'exotisme des terres lointaines et représentait la richesse de son propriétaire. Ses courbes généreuses et sa géométrie le rendent irrésistible. Il fait depuis 2008 un fulgurant retour. Ses proportions sont parfaites pour toutes sortes de contenants : vases, vide-poches, sacs à main ou gourdes. D’ailleurs, le fruit en lui-même suffit à décorer une table.

Pourquoi préfère-t-on certains fruits et animaux à d'autres ? Tout d'abord leur exotisme. Ce sont souvent des espèces qui viennent de loin ou que nous n'avons pas dans notre environnement quotidien, ils sont dépaysants. Leur couleur et leur physionomie se distinguent des autres espèces. Il est connu que, pour qu'une forme ait du succès, elle doit être reconnaissable en quelques traits, comme lorsqu’on desine un pictogramme. Prenons l'exemple de la tour Eiffel ou du théâtre de Sydney, on pourrait les reconnaître à leur ombre, c'est aussi le cas de tous les fruits et animaux à la mode ; les cerises, les citrons, les licornes [d'accord, hors catégorie] ou les singes. Ce qui n'est pas le cas du fruit de la passion, de la mangue ou de la loutre. Ils sont compliqués à caricaturer, trop semblables à d’autres espèces, ils n'ont pas un comportement singulier ou une forme originale ; ils sont donc impossibles à s'approprier. Un critère de "beauté" ne suffit pas, il les faut tous !

La question est donc de savoir, pourquoi se fait-on envahir par ces objets décalés, enfantins même, depuis maintenant dix ans ? Qu'est ce qui a changé ? Pour la plupart, nous percevons le monde et les événements, au travers de notre smartphone, qui nous inonde en continu d'informations. Certes l'information est la clé du savoir, mais les faits ne sont pas toujours vérifiables et maîtrisés de tous, cela rend l'information anxiogène. Contrairement aux apparences, notre ère est la moins violente de toutes. Ce qui nous trompe, c’est le flux constant et envahissant de nouvelles, nous sommes plus au courant du meilleur comme du pire. Plus notre esprit est soumis à des pressions, plus il cherche à s’apaiser. Nous ressentons le besoin de maîtriser de nouveau notre environnement, ainsi nous sélectionnons soigneusement les objets qui nous entourent. Cela nous donne une illusion de contrôle. Les éléments saillants de la nature, nous attirent et nous intriguent, ils nous procurent un sentiment de bien-être. C'est là qu'interviennent toutes ces jolies choses, bonnes pour le moral, que sont les flamants roses et les ananas.


IMG_7429.JPG

Parenthèse historique sur les insectes

Les insectes sont probablement les premiers animaux utilisés comme ornement, majoritairement des bijoux. Je pense notamment au scarabée dans l’Égypte ancienne (2050 - 1580 avant JC).  Plus récemment, les insectes tels que les abeilles, les araignées et bien-sur les papillons, étaient très prisés en joaillerie, durant l'ère victorienne (XIX° siècles, début du XX°). L'époque des avancés industrielles et des découvertes scientifiques. Mention spéciale aux très spectaculaire "broches araignées", ainsi qu'aux abeilles, qui s'invitent jusque dans les plus hautes sphères de l'Etat français. Elles ornent les bouteilles de parfum Guerlain, on se sert de la géométrie de ses alvéoles pour designer des objets du quotidien... Etc. 2016 signe le grand retour de ces petites bêtes, en accessoires bien-sûr, mais surtout en broderie perlées sur les vêtements. Quand on regarde les couleurs et la morphologie de ses insectes, nul doute que leur succès perdurera, ce sont sans notre intervention, de vrais bijoux.

ICI on apprend comment broder une abeille sur un col amovible ou sur ce que tu veux ! Et là, ce sont des inspirations de broderies que j'ai collecté sur Pinterest.

Le sweat-shirt ou la mode américaine

Une fois n'est pas coutume, nous allons parler aujourd'hui d'un vêtement "STAR", dont le succès ne se dément plus, le sweat (comme on l'appelle en France) ou plutôt le sweat-shirt.

Commençons par une définition : Le sweat-shirt, littéralement, maillot de transpiration, désigne un pull oversize sans col, à manches longues, en jersey de coton épais et molletonné. Le premier modèle, le crewneck, était un vêtement "technique", spécialement conçu pour les athlètes qui l'utilisaient durant l'entraînement (le plus souvent, avant et après). Un sweat-shirt fourni non seulement de la chaleur, mais comme son nom l'indique, possède également des propriétés absorbantes, idéales pour gérer la sudation. 

Benjamin Russell JR, joueur de football américain, en avait marre des pulls en laines lourds qui grattent. Il porte le modèle crewneck, dont on distingue à peine le triangle caractéristique à l'encolure.

Benjamin Russell JR, joueur de football américain, en avait marre des pulls en laines lourds qui grattent. Il porte le modèle crewneck, dont on distingue à peine le triangle caractéristique à l'encolure.

Le sweat-shirt apparaît pour la première fois en 1920, en Alabama, aux Etat-Unis. On attribue sa paternité à un duo père/fils, Benjamin Russell, entrepreneur et Benjamin Russell Junior, présenté ci-dessus. Comme beaucoup de vêtements ayant rencontré du succès, le sweat répond à un besoin. Jusqu'alors les athlètes n'avaient pas d'autre alternative que de porter des pulls en laine, absolument pas adaptés à la pratique d'un sport. Junior aurait communiqué son désir d'un pull souple et léger en jersey de coton et papa aurait fait le reste. On ne saurait dire où s'arrête l'histoire et où commence la légende, car plusieurs marques ont lancé des modèles similaires au début des années 20's.

Le triangle de crewneck est fait de deux épaisseurs de molleton, pour récupérer la sueur du cou.

Le triangle de crewneck est fait de deux épaisseurs de molleton, pour récupérer la sueur du cou.

Ce dont on est sur c'est que dès sa commercialisation, tous les sportifs universitaires et leurs camarades l'adoptent pour porter haut les couleurs de leur campus. Ce phénomène explose dans les années 50's, lorsque la marque Russell Athletic améliore ses modèles. Tout d’abord elle utilise la technique du flocage (transfère d'encre textile et colle, inventée dans les années 30's) pour personnaliser les sweats. Mais surtout, elle créer un jersey molleton plus solide, en fibres mélangées. Du coton blanc et du polyester noir, qui vont donner au sweat sa fameuse couleur gris chiné.  Devenu plus solide et moins cher à fabriquer, de nombreuses marques vont s'y mettre, mais le public reste celui des débuts, des athlètes et des universitaires. Il est difficile de toucher une large population, en dehors de son cœur de cible, quand on s'appelle maillot de transpiration ! On a connu mieux niveau marketing.

Comment devient-on une icône de la mode ? Cheminement classique d'un vêtement ayant du succès. 

Comment devient-on une icône de la mode ? Cheminement classique d'un vêtement ayant du succès. 

Les décennies passent et rien ne bouge jusque dans les années 80's. En terme de style, cette époque mériterait un certain nombre d'articles. C'est à cette période que le sweat va dépasser les frontières des campus pour être PARTOUT. Le secret de ce succès ? Un certain culte du corps relayé par des émissions de stretching et les célébrités. Merci donc à Cindy Crawford, Georges Michael, Stallone dans Rocky, l'équipe de Fame et bien-sur Jennifer Beals dans Flashdance. Le sweat-shirt se fait court, sans manches, tombant sur les épaules, à capuche, à zip, multicolore... Il y en a pour tous les goûts, y compris ceux des rappeurs américains, qui se l'approprient et lance le style streetwear. 

Comme souvent, l’omniprésence de l'objet va lasser. Dans les années 90's, la fabrication en masse ternit son image, il se démode. Le sweat retrouvera ses lettres de noblesse dans les années 2012/13, lorsque des maisons haute-couture vont s'emparer de cet objet sportswear tombé dans l'oubli, pour en faire un vêtement chic. Kenzo, Givenchy, Lanvin, pour ne citer qu'eux. Désormais on peut trouver des sweat-shirts avec des imprimés de grande qualité, des broderies à sequins, des empiècement en cuir et à fourrure (vrai ou fausse). Depuis, il est de toutes les collections, sans être aussi envahissant que dans les années 80's. Il est passé par toutes les phases, tous les looks, toutes les catégories sociales, le sweat-shirt est devenu une icône.

Si tu veux apprendre à faire un sweat, c'est par ICI et si tu veux le personnaliser, c'est LA !


Références :

  • “L'histoire Du Sweat-Shirt : Le Vêtement Qui Revient De Loin.” Accueil, 13 Oct. 2017, mistertee.fr/blog/lhistoire-du-sweat-shirt.
  • “Mode : D'où Vient Le Sweat-Shirt ?” E-TV, www.etvonweb.be/81987-mode-dou-vient-le-sweat-shirt.

  • Maliszewski, Catherine. “Le Sweat-Shirt S'habille.” Le Figaro, 12 May 2006, www.lefigaro.fr/aumasculin/2006/05/12/03009-20060512ARTWWW90324-le_sweat_shirt_s_habille.php.

  • “Kenzo, Givenchy, Lanvin, Stella McCartney : Le Sweat Couture, Des Podiums Au Dressing.”Mode – Actu Mode, Tendance Et Haute Couture – Puretrend.com, www.puretrend.com/rubrique/shopping_r14/kenzo-givenchy-lanvin-stella-mccartney-le-sweat-couture-des-podiums-au-dressing_a79307/1.

Mini-jupe, la Révolution

Mary Quant est une créatrice britannique, propriétaire de la boutique Bazaar, qui avait pignon sur rue dans le quartier de Chelsea (Londres) dès 1955. Son inspiration première venait de la rue et de la société bouillonnante des années 60's. En 1964, elle décide de raccourcir ses jupes de plusieurs centimètres au-dessus du genou. La mini-jupe était née ! Mais ce n’est pas si simple, essayons de comprendre comment et pourquoi on en est arrivé là. 

Autobiographie de Mary Quant, 2012 / Les mannequins prennent la pose en mini robe (Getty image)

Est-ce que c'était la première fois qu'on voyait des jupes aussi courtes ? Non ! Les danseuses en portaient dans leur spectacle depuis bien longtemps. Pour la société civile en revanche, le raccourcissement c'est fait progressivement au début du XX° siècle. La longueur a varié selon les décennies, jusqu’à la seconde guerre mondiale. Les restrictions dues au rationnement, ont obligé les femmes à concevoir des jupes juste au-dessous du genou [Parfois la guerre a des répercussions inattendues…]. A l’époque ça n’avait rien avoir avec de quelconques revendications, vingt ans après c’est tout le contraire.

Patrons des années 45's, 50's et du début des années 60's

Que voit Mary Quant au travers des vitrines de sa boutique des années 60’s ? Une jeunesse déchainée qui ne veut pas coller au schéma de papa maman et qui aspire à une autre vie. Les manifestations des jeunes et leur demande d'expression individuelle révèlent qu’ils prennent conscience d'eux-mêmes en tant que groupe distinct en capacité de réagir aux événements politiques. Ils refusent de suivre les règles de morale bourgeoise de leurs parents. Leur entité et leur voix grandissent, ils veulent une mode les distinguant et incarnant leurs propres opinions.

En Amérique et outre-manche on observe à cette période, une augmentation des inscriptions des femmes à l’université, la Beatlemania bat son plein (le rock a son importance !), la première pilule contraceptive est commercialisée… Bref, la libération sexuelle était en marche, la mini-jupe l’a suivi. Car la mini-jupe n’est pas qu’un vêtement, c’est un outil politique ! 

A Munich, les femmes ont manifesté contre le look «maxi» de la mode automne et hiver de 1970. Le retour aux jupes longues, non merci. (LOTHAR PARSCHAUER/PICTURE-ALLIANCE/DPA/AP IMAGES)

Cet outil existe toujours et il est nécessaire. Car le jugement de valeur porté sur les femmes en jupe courte, n'a pas beaucoup évoluer en 45 ans. Des manifestations de femmes en mini-jupe ont encore régulièrement lieu, en 2008 en Afrique du Sud, ou encore en 2015 en Tunisie. Ce que dit une femme en mini-jupe c'est : "J'assume ma féminité, j'assume une sexualité libre. Je suis bien dans mon corps et il m'appartient." Autant dire que ça ne plait pas à tout le monde.

Un styliste français va créer la même année que Quant, une collection de minis ; André Courrèges. Grâce à lui, la mini-jupe va passer de la rue au podium et donc, d'un vêtement populaire à un vêtement de luxe. Pour tous, la mini-jupe reste une invention anglo-saxonne et je partage cet avis. La jeunesse anglaise a réclamée cette mode, la libération des moeurs avait plusieurs années d’avance, alors qu’en France on est resté frileux jusqu’en 1968. Et bien que Courrège ait voulu s'attribuer la paternité de la mini, Mary Quant a su remettre les choses à leur place : “It wasn’t me or Courrèges who invented the mini-skirt anyway, it was the girls in the street who did it.” (non daté) [“Ce n’est pas moi ou Courrèges qui avons inventé la mini-jupe de toute façon, ce sont les filles de la rue qui l’ont fait.”] Et toc !


Références :

  • Quant, Mary. Mary Quant: My Autobiography. Headline, 2012.
  •  “Une Histoire De La Minijupe.” ARTE, www.arte.tv/fr/videos/061966-001-A/une-histoire-de-la-minijupe/.

 

La mode japonaise

Suite et fin de la trilogie sur la blouse MIKADO. Tu connais déjà le modèle, son tissu, sa composition ; je t'ai appris à faire des fronces pour reproduire cet effet volanté poétique. Aujourd'hui je voudrai t'en dire d'avantage sur une tendance de plus en plus présente dans les magasins et sur les podiums : La mode japonaise ou d'inspiration japonaise.

petits personnages.jpg

Retour sur l'histoire ; tout commence dans les années 70's avec l'arrivée de Kenzo Takada sur les podiums parisiens. Lui emboiteront le pas, Issey Miyake ou encore Yohji Yamamoto, pour les plus illustres (ces noms t'évoquent peut-être quelque chose ?) En reprenant les codes ancestraux du vêtement japonais, avec des silhouettes déstructurées, des superpositions, beaucoup de couleurs et de motifs ; ils font vivre le vêtement  d'une manière inédite en occident. Ils sculptent des volumes et re-dessinent un corps sans véritable genre. Et comme souvent dans l'art et la création, la radicalité de la nouveauté n'est pas très bien reçue par la critique...

Mais en quoi la mode japonaise se distingue-t-elle des autres ? Elle est tout simplement à l'opposé de la conception de la mode occidentale. Bien que comme tout créateur, les inspirations des stylistes japonais soient multi-culturelles, on peut considérer qu'il y a une différence d'ordre philosophique sur l'idée [l'usage] du vêtement, ainsi que sur le corps de la femme. Traditionnellement au Japon, la mode homme et la mode femme sont très proches. Des marques ont parfois fait de l'androgynie, leur raison d'être. Je pense notamment à Comme des Garçons, créée par la japonaise Rei Kawakubo. Tout est dit dans le nom !

De toutes mes créations, celle qui s'approche le plus de la conception japonaise du vêtement est la robe Mélissa.

Les créations japonaises se caractérisent par :

  • Une silhouette ample et des lignes épurées.
  • Pas de pinces ou de lignes marquées qui structure idéalement le corps.
  • Des découpes et assemblages décalées. Par exemple les emmanchures ne sont pas aux épaules, mais au milieu du bras (manche tombante). Ou encore, les pantalons sont larges et courts, au dessus des chevilles.  
  • Des tissus épais et/ou de bonne tenue, dans des matières naturelles, richement décorées.

Bien sur, il ne s'agit pas là d'une recette, mais de composantes récurrentes. Désormais, la mode japonaise se diffuse dans toutes les enseignes, tu en as dans ta penderie sans même le savoir. Des partenariats ont régulièrement lieu avec la nouvelle génération de stylistes, comme Kenta Matsushige pour Petit Bateau.

    Pour finir, on pourrait se demander pourquoi cela nous plait tant ? La clef de ce succès à mes yeux, c'est la dimension intemporelle de ces silhouettes. Le fait de nier le corps en s'en éloignant, non seulement le désexualise, mais lui enlève tout âge et toute époque. Le jour où tu optes pour un style plus "loose" et architecturé, comme l'est la mode japonaise, tu arrêtes de vieillir, c'est promis !

    Depuis quelques années, les manuels de couture et patron de vêtements créés par des Japonais font fureur. En voici un exemple, si tu suis le lien, tu en trouveras beaucoup d'autres.

    L'avantage est que cela regroupe des modèles niveau débutant, donc de conception simple, que l'on peut customiser à volonté.

    NB : Ce livre propose des modèles dans peu de tailles, mais d'autres vont jusqu'au 52 ;)

    Comment faire des fronces

    (Sur un tissu compliqué comme le satin de soie)

    Ce qui fait tout le charme de la blouse MIKADO, au-delà de sont fabuleux tissu, ce sont ses fronces. Elles lui donnent son ampleur et son mouvement. Voici en quelques images, comment transformer une blouse droite en top d'inspiration japonaise. Il existe beaucoup de façons de rajouter des fronces à un vêtement, voici la plus simple.

    nouvelles def.jpg

    Pour bien commencer , quelques termes employés dans ce tuto.

    1 _ Voici le patron du demi dos, il se compose de deux parties. Pour faire des fronces, on doit modifier la partie basse du vêtement, sous la découpe. Ici en vert. C'est le principe de la modification de patron. Si tu as un top simple et que tu veux lui rajouter des détails (lui raccourcir les manches ou lui faire des plis), tu vas le transformer plutôt que d'acheter un nouveau patron. Enfin, c'est juste une suggestion : )

    2 _ Trace des droites équidistantes les unes au autres et parallèles au milieu dos, dans les but d'élargir le patron. Découpe le patron sur ces droites pour avoir quatre morceaux.

    petits dessins.jpg

    NB : L'emplacement des droites est lié à la forme de la découpe. Nous sommes dans la première configuration avec cette blouse.

    3 _ Il faut calculer la longueur de la ligne de fronce. Multiplies par 1,5 la longueur de la découpe. C'est un minimum, mais tu peux multiplier par 2 ou 1,87... Tout dépendra de ta quantité de tissu et de l'effet désiré. Répartis la différence entre ton résultat et la longueur de la découpe, entre chaque morceau de patron. Puis re-dessines la courbe de la ligne de fronce.

    • La longueur de la découpe est de 23 cm.  
    • 23 x 1,5 = 34,5 >>> Soit la longueur totale de la ligne de fronce.
    • 34,5 - 23 = 11,5 >>> Soit le nombre de centimètres à répartir.

    4 _ Dérègles le point de ta machine. Sur 1cm il doit y avoir entre 3 et 4 points, car c'est un tissu épais, on en ferait plus sur un tissu fin. Puis tu desserres la tension du fil d'aiguille, juste assez pour pouvoir tirer le fil de canette (celui du dessous) sans effort.

    5 _ Couds les lignes de fronces avec une aiguille fine, car la soie est fragile. Fais deux lignes parallèles, une a 8mm et l'autre à 12mm du bord. Sans point d'arrêt. 

    6 _ Noues les fils ensembles sur l'endroit et sur l'envers.

    7 _ Tires délicatement les fils de canette dans leur axe. Si ça casse, il faut recommencer !

    8 _ Lorsque les longueurs de la ligne de fronces et de la découpe coïncident, fais un noeud pour bloquer les fronces. Puis répartis les au mieux. 

    9 _ Epingles le haut et le bas de la blouse ensemble, endroit sur endroit. Cela évitera que les fronces bougent sous le pied presseur de la machine. Et avec la soie, ça glisse beaucoup.

    10 _ Assembles le haut et le bas de la blouse, à 1cm du bord. C'est à dire pile au milieu des deux lignes de fronce !

    11 _ Découds (délicatement) la ligne de fronce visible sur l'endroit de ton vêtement. Puis repasse dans le creux de chaque fronce pour faire disparaitre les trous laissés par l'aiguille.

     

    J'espère que ce tuto t'aura été utile ! Si quelques points ne te paraissent pas très clairs, laisses un commentaire et j'essaierai d'y répondre au mieux. Pour plus d'informations sur la blouse MIKADO c'est par ICI.  Dans le prochain post et pour conclure ce chapitre, je te raconterai une brève histoire de la mode d'inspiration japonaise