Salopette VS Combinaison : Le Fight

Vous allez vite vous apercevoir [si ce n’est pas déjà le cas], que je fais une petite « fixette » sur les robes et les combinaisons. Je trouve que ces deux pièces ont comme qualité commune, qu’elles se suffisent à elles-mêmes. Il n'y a pas besoin d’assortir un haut et un bas, des couleurs ou des matières, c’est l’idéal, non ? Fermons cette parenthèse stylistique, que nous étudierons plus tard et venons-en à notre sujet du jour : L’origine et l’usage des salopettes et des combinaisons. De l’industrie à nos dressings, nous allons voir les nombreux points communs entre ces deux vêtements incontournables que l’on porte depuis l’enfance.

Retour sur l'histoire

Cocorico ! La salopette est une invention française de Louis Lafont. En 1844, il réalise pour son beau-père charpentier, un pantalon large, le « Largeot », possédant à la ceinture une poche à outils. Fort de ce succès, il créer son entreprise de conception de vêtements de travail et c’est en 1896 que son petit-fils améliore le Largeot si finement, qu’il en déposa un brevet, le premier de son genre. La salopette est née ou plutôt la cotte de travail 406, selon son inventeur. Vous vous demandez peut-être pourquoi elle porte un nom aussi étrange. Ce sont les ouvriers eux-mêmes, qui le lui ont donné, soucieux de ne pas « saloper » (salir en argot) leurs vêtements de ville.

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L’invention de la combinaison, quant à elle, est plus ancienne et plus floue. C’est un vêtement intégral, avec des manches longues, fait pour protéger tout le corps, contrairement à la salopette, plus légère avec ses bretelles qui laissent libre le mouvement des bras. Si la piste de la création de la combinaison de travail n’est pas clair, nous pouvons en revanche retracer l’histoire de la plus mythique : Le bleu de travail.

« La couleur fut découverte accidentellement entre 1704 et 1707, à Berlin, par le fabricant de couleurs Johann Jacob Diesbach. À l’époque, l’usage du bleu foncé était encadré par des lois sur le commerce. Étant difficile à produire et à fixer, son utilisation était loin d’être économique. La composition du bleu de Prusse, ce pigment bleu très profond, fut longtemps gardée jalousement à cause de son faible coût de fabrication. C’est cette dernière raison qui explique son utilisation massive pour la production des premiers vêtements de travail. La couleur bleue est devenue le symbole du vêtement de travail allant jusqu’à lui donner son nom. » ["Du bleu de travail aux vêtements professionnels"]

C’est grâce au bleu de travail que la salopette est elle aussi traditionnellement bleue, c’est la couleur des pros. Ces vêtements sont dans notre inconscient à tous et de célèbres affiches publicitaires ont contribué à cela.

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Rosie la riveteuse

Rosie the Riveter, dans ça version originale. Cette affiche de propagande très populaire, illustre le rôle qu'ont joué les femmes américaines, dans l'industrie de l’armement, durant la seconde guerre mondiale.

Plus populaire maintenant qu’à l’époque, elle est désormais une icone féministe. L'affiche est régulièrement détournée pour affirmer l'importance économique que peuvent jouer les femmes dans la société. Et que porte-t-elle ? Un bleu de travail bien sûr. Le "tablier", une fois mis, n'a jamais été raccroché.

De nos jours

Les cottes de travail ont fait du chemin depuis leur création. Vêtements destinés aux ouvriers, ils sont taillés pour les hommes. Mais quand les hommes sont au front et que les femmes prennent leur place à l’usine, elles entrent aussi dans leur costume. Il est d’ailleurs si confortable, qu’elles vont le faire rentrer dans leur garde-robe du quotidien. Ce n’est d'ailleurs ni la première, ni la dernière fois que les femmes empruntent aux hommes un vêtement, sans intention de le rendre. Dixit les chaussures à talons, le pantalon, la marinière ou le tailleur. L'inverse est plus rare...

1975 à Lyon. La salopette connait un succès croissant et régulier depuis sa création. La mode est aux couleurs vives, et les équipes de Lafont ont l’idée de moderniser le modèle. Pas de changement de patron, mais une déclinaison de couleurs chatoyantes. […] Lafont fait notamment la couverture du magazine Vogue. Elle envahit les placards des modeuses, puis les rues. […] C’est à cette même époque que Levi’s invente la salopette à ceinture en denim : le waist overall. En 1976, Agnès B. créé la première salopette blanche plus ajustée à destination du grand public. Depuis, tous les créateurs et marques de mode ont réinterprété la salopette. [La salopette : Un vêtement de travail?]

Dans les années 70’s, la combinaison aussi connait un franc succès. Des deux modèles, c’est celui qui à le plus évolué. La salopette, malgré quelques exceptions, est restée dans un univers décontracté, elle est encore très associée au travail, aux enfants ou aux femmes enceintes. La combi est devenue chic, elle a su prendre de plus en de place depuis les années 2000 et elle explose depuis 5 ans. Elle marche sur les plates-bandes de « la petite robe noire », du tailleur et même de la robe de mariée. Son succès, ainsi que son infini variété, est selon moi, en partie dû à l’exploitation du modèle dans domaines technique faisant rêver. La combinaison n’est pas restée dans l’industrie, elle a habillé les aviateurs.trices et les cosmonautes. Elle est donc passée du vêtement de travail, à l’uniforme, qui évoque la sophistication. 

Je ne dis pas qu’on est dans le désir conscient ou non, d’appartenir à ce cercle d’explorateurs.trices dès qu’on enfile une combi. Mais l’histoire de la haute couture, nous montre que l’uniforme, les domaines de pointes et les innovations dans les matériaux, ont inspiré bon nombre de stylistes, qui ont aidés à populariser des modèles, dont la combinaison.

Pour en savoir plus sur l'histoire de la salopette et du bleu de travail, je vous invite à visiter le blog du site Lafont. Pour en savoir d'avantage sur les petites et grandes histoires du design de mode, je vous invite à suivre et partager ce blog !

Et vous, vous êtes plutôt salopette ou combinaison ?


Références et citations :

  • Leader sur le marché du vêtement professionnel. (2018). La salopette : Un vêtement de travail? - Lafont. [online] Available at: https://www.a-lafont.com/blog/focus-sur/la-salopette-un-vetement-de-travail/ [Accessed 3 Aug. 2018].
  • Leader sur le marché du vêtement professionnel. (2018). Du bleu de travail aux vêtements professionnels - Lafont. [online] Available at: https://www.a-lafont.com/blog/focus-sur/bleu-de-travail-vetements-professionnels/ [Accessed 3 Aug. 2018].
  • Fr.wikipedia.org. (2018). Rosie the Riveter. [online] Available at: https://fr.wikipedia.org/wiki/Rosie_the_Riveter [Accessed 3 Aug. 2018].

Les soldes, un bon plan pour faire le tri

En ce début d’été 2018, j’avais le choix entre deux sujets d’article : La coupe du monde de football OU les soldes. Même si je suis quelques matchs, je reste plus active et connaisseuse sur le deuxième terrain. Alors les promotions de façon générale, on adore ça ; même si, je ne suis pas sûre qu’on maîtrise notre comportement dans ces moments-là. Toutes ces pancartes rouges déclenchent quelque chose en nous, c’est irrésistible. Est-ce que je vais essayer de vous dissuadez de faire les soldes ? Je ne crois pas et ce n’est pas mon but d’ailleurs. Parce qu’un consommateur éclairé fait de meilleurs choix. L’idée est surtout de comprendre les enjeux et de repérer les vrais bons plans.

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Les soldes c’est quoi ? Les soldes sont des promotions bi-annuelles, réglementés par la loi, les dates sont choisies par l’état chaque année. Le but initial étant d’autoriser les magasins à écouler leur fin de stock, jusqu’à perte s’il le faut, afin de repartir à vide pour l’implantation d’une nouvelle collection. Inventé il y a plus d’un siècle pour les Grands Magasins parisiens (le prêt-à-porter n’existant pas encore sous la forme de chaines), ce sont quasiment les seuls promotions en vigueur jusqu’à la fin des années 90’s.

Les soldes font beaucoup parler d’eux et depuis plusieurs années maintenant, ils sont très critiqués. On peut entendre que « ce n’est plus ce que c’était ». Les commerçants se plaignent que les clients n’achètent plus, mais on en parle surtout pour les scandales d’arnaques en tout genres, qui entachent la filière textile.

Les soldes, c’était un business qui fonctionnait bien, qu’est ce qui a changé ? La concurrence est rude dans le secteur de l’habillement et comme expliqué dans l’article sur le fast fashion, les règles du jeu ont changé. On peut divisez le marché du prêt-à-porter en trois catégories :

  • Vous avez d’un côté, les gros groupes de mass-market qui vendent de grandes quantités à bas prix.
  • Les grosses enseignes de moyenne gamme et haut de gamme, présentées en showroom, avec « peu » de stock et des prix très variables.
  • Puis enfin les indépendants, les créateurs, les concept stores, qui n’ont pas la même visibilité que les deux premiers, avec des prix également très variables.

La première catégorie, je ne vais pas y revenir. On sait qu’à choisir, il vaut mieux s’habiller ailleurs, pour le respect du travail de tous et de l’environnement. Cela dit, on peut considérer que le matraquage marketing de ces enseignes, a en partie contribuer à l’émergence d’un phénomène bien étrange : Les soldes permanents !

Ce qu’on ne dit pas dans les enquêtes sur les soldes :

Le calendrier est bien tenu, il y a en moyenne une offre commerciale toutes les six semaines dans le prêt-à-porter. Cela a commencé dans les magasins de gamme moyenne et s’est propagé en quelques années jusqu’au enseignes haut de gamme. On les connait sous différents noms, les ventes privées (qui ne le sont plus vraiment), les black Friday, les « promotions exceptionnelles » et j’en passe. Dans ces conditions plus personne ne veut acheter hors promotions. On est d’ailleurs en droit de se demander, comment font les enseignes pour continuer de subsister.

Voyant l’engouement des clients pour les remises, les enseignes haut de gamme ont voulu utiliser les promotions, non plus pour liquider les fins de stocks, mais pour accroitre leur chiffre d’affaire. Pour cela elles jouent sur deux leviers : Faire baisser la qualité d’une partie de leurs articles ET augmenter année après année le prix de base des vêtements (bien au-delà de l’inflation). L’idée est de faire croire au consommateur qu’il fait de bonnes affaires, alors qu’en réalité, certaines marques d’envergure nationale et internationale se surcotent. Dès lors, on est en droit de penser que l’achat à –30% se rapproches du vrai rapport qualité/prix d’un article.

La variabilité permanente des prix donne au consommateur le sentiment que le prix ne traduit plus la valeur réelle de la marchandise mais un prix aléatoire, donc contestable et source de méfiance vis-à-vis de l'offre. Dès lors, la promotion peut apparaître comme révélant la valeur réelle du produit et non plus comme une véritable remise. [Concertation sur les soldes, page 13]

Les groupes de prêt-à-porter possèdent plusieurs marques, ils ont souvent différentes gammes dans leur éventail. Faire une collection coûte chère, designer ça prend du temps, alors il est fréquent de retrouver des vêtements très similaires d’une boutique à l’autre avec des prix allant du simple au double. Dans cet exemple, on parle bien d’article de même qualité, qui nous sont vendus comme étant de gamme différente. Cela donne une idée de ce que peut nous faire acheter une image de marque bien ficelée.

Dernière astuce, peu connue, puisque complètement illégale (contrairement au deux autres qui étaient juste malhonnêtes !). La fabrication de nouveaux vêtements, spécialement créés pour les soldes. Il faut savoir, qu’il est interdit de vendre à prix réduit une référence d'article ayant moins d’un mois sur une surface de vente. Pourtant on peut voir de nouvelles pièces faire leur apparition ; reproduisant des vêtements de la collection, mais dans une qualité inférieure. C’est assez facile à identifier, les vêtements semblent super sympas et il reste toujours notre taille, quelle aubaine !

Le retour de flamme :

Tout le monde trinque un peu, mais pas pour les mêmes raisons. Ceux qui s’en sortent très bien sont les marques à la mode chez les fashionistas, entre autres : BA&SH, Sandro, Zadig et Voltaire, puis en moins côté, H&M et Primark. Les prix sont parfois aberrant au vu de la qualité, mais c’est tendance, que voulez-vous ! Les autres marques et groupes textiles connus, mais moins « IN » se font successivement racheter et/ou subissent des redressements judiciaires et des plans économiques. Ils se sont fait avoir à leur propre jeu de dupe [sans oublier qu'il y a bien plus d'offres que de demandes]. Plutôt que de garder une qualité constante dans le design et la production, ils sont préférés augmenter leurs profits sur notre dos. Le problème est qu’on s’en est rendu compte.

Les enseignes multi-marques, les petits commerçant et les créateurs, quant à eux, n’ont pas les fonds nécessaires pour vendre à perte. Ce ne sont pas des firmes qui se font 40% de leur chiffre d’affaire annuel en période de promotions. Ce qui les fait souffrir, ce sont les consommateurs qui désertent leur boutique, les clients dépensent toute l'année dans les grands magasins et ne comprennent pas pourquoi l'ensemble des commerçants ne font pas « l’effort » de faire plus d’offre commerciales. D'un autre côté, les dates même des soldes leur pose problème. Ils arrivent au début de la saison qu'ils sont sensés déstocker.    

Les soldes ont vocation à permettre un écoulement des stocks à la fin de la saison [...]. Ces commerçants souhaitent donc logiquement retarder les soldes, car aujourd’hui ceux-ci démarrent au début de la saison climatique, au moment où les clients adaptent leur garde-robe au changement de saison. Cela les conduit à sacrifier une partie de leurs marges commerciales…Etc. [Concertation sur les soldes, page 18]

Alors on achète quoi ? 

Dans ces conditions, il est difficile de juger, ce qui constitue un bon achat. Les soldes pourraient bien être un allié de taille pour repérer les enseignes et les articles qui valent le coup.

  • Les marques ne soldant pas ou peu et ne pratiquant pas la surenchère des promotions, vendent du luxe OU sont honnêtes. Des vêtements labellisés, fait dans de bonnes conditions et à des prix accessibles (autant que possible), ne pourront pas faire plus de 20% de réduction [exceptionnellement 30%]. Avec eux, acheter hors promotions ne nous coûte pas plus chère. Prenons l’exemple de Paul Marius, en maroquinerie, il fait du made in France et ne participe pas aux soldes, car ses prix sont très justes.
  • On peut repérer les magasins qui jouent le jeu, en implantant sur la surface de vente des articles actuels, qui ne datent pas d’il y a cinq ans.
  • N’achetez pas des articles soldés à plus de 70%. Il y a forcément un problème, dans la coupe, la matière, le rapport qualité/prix. Parfois c’est de bonne qualité, mais c’est qu’il s’agit d’un vêtement « hors sujet » par rapport à la clientèle du magasin. Trop extravagant par exemple. Cela reste rare, ceci dit, allez jeter un œil c’est peut-être pour vous !
  • Achetez en promos lorsque vous faites du shopping dans des enseignes connues. N’achetez plus plein tarif un vêtement moyenne gamme ou haut de gamme, si vous n’êtes pas un habitué de la qualité de cette marque. Evidemment quand on a un coup de cœur, on ne prend pas de risque de passer à côté, mais sinon, jouez le jeu des enseignes. Personne ne leur a imposé les démarques toute l’année, il ne faut pas venir se plaindre.

Pour conclure, je dirais qu’au vu des lois du marché actuel, acheter en promotions un vêtement, c’est souvent se rapprocher de la vérité. Donc faire les soldes, oui, mais assurez-vous de ne pas vous éloigner de vos objectifs, vous risqueriez de ne pas tout porter et ça annulerait une partie des économies réalisées, c'est quand même un des but ! Faites surtout un tour dans les petites rues des centres-villes, vous allez tomber sur des boutiques avec des marques plus confidentielles, qui ont un beau projet esthétique, artisanal et éthique. Ce sont eux qui font vivre le savoir-faire, il faut les soutenir si on veut continuer à produire et promouvoir la french touch.

Bon shopping !


Références et citations :

  • Le portail des ministères économiques et financiers. (2018). Soldes : ce que vous devez savoir. [online] Available at :

https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/consommation/Pratiques-commerciales/Soldes [Accessed 8 Jul. 2018].

  • Concertation sur les soldes (oct. 2017). [PDF online] Available at :

 https://www.economie.gouv.fr/files/files/PDF/2018/Rapport_public_concertation_soldes.pdf [Accessed 8 Jul. 2018]. 

vêtement de qualité : 15 critères de choix

Par où commencer dans cette jungle de détails ? Si seulement le prix suffisait pour s’y retrouver, ce serait plus simple, n’est-ce pas ? Reconnaître la qualité d’un vêtement est un vaste sujet, on va donc procéder par étape. Pour ce premier chapitre, nous allons nous attarder sur des éléments qui « sautent aux yeux ». Des conseils et des détails faciles à contrôler, pour faire des achats plus sereins. Dans les prochains épisodes, on s’attardera sur les matières, les fibres, les étiquettes, la provenance et les détails de confection. Vous allez être des pros !

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Guide pratique du vêtement de qualité :

 

  • Toucher les vêtements. Si vous n’aimez pas la sensation sous vos doigts, si ça se froisse d’un geste ou si de l’encre vous colore la main, n’insistez pas. Même si le modèle peut-être à votre goût et bien réalisé dans son ensemble, on résiste!

  • Essayer avant d’acheter. Ça parait évident, c’est le meilleur moyen de se rendre compte de la qualité. Il faut se sentir bien, que le vêtement se place sans faire de plis étranges aux bras, à la poitrine ou à l’entre-jambe. 

  • Les coutures doivent êtres droites et régulières. C’est toujours intéressant de retourner un vêtement pour voir les finitions et les assemblages. On peut regarder si l’ourlet fait des vagues, les surpiqûre sont parallèles, si les pièces sont assemblées bord à bord ou encore si la longueur du point n'est pas trop grande (coutures fragiles)

  • La teinture d’un tissu doit être uniforme et « intense ». Privilégier les vêtements dont la fibre a été teinté avant le tissage. Il suffit de tirer sur le tissu dans le biais, si le tissu s’éclaircit ou si du blanc apparaît entre la trame, la couleur va se ternir très vite. 

  • De même pour les imprimés, qui eux se font après tissage. Il faut que l’encre ait pénétré le tissu pour durer. Sur des voiles et matières fines, l’imprimé sera pratiquement aussi intense sur l’endroit que sur l’envers. 

  • Un vêtement épluché est un vêtement contrôlé ! Éplucher un vêtement, c’est lui couper tous les fils qui dépassent. Vous avez déjà regardé des vidéos de blogueuses mode ? Elles sont toutes scandalisées par les fils non coupés, alors qu’elles achètent des chiffons à 10€ ; disant avec une grande candeur : Ça ne coûte pas plus cher de couper des fils. Et bien si ! C’est du temps passé à contrôler un travail bien fait et le temps c’est de l’argent. 

  • Les motifs doivent se correspondre aux coutures. Un vêtement qui a un tissu à motif régulier (des rayures, des carreaux, certain jacquard géométrique, voir des tissus à grosses fleurs) se doit d’avoir des raccords au niveau des coutures. Il faut s’attarder sur les coutures au milieu dos, sur les côtés et aux ourlets. Ça justifie un prix un peu plus élevé car, il y a de la perte de tissu pour le fabricant et c’est plus long à coudre. Pour nous, consommateurs, c’est surtout un gage de savoir-faire et d’application. 

  • La symétrie des cols et leur tenue sont primordiales. Cela fonctionne pour les poignets ou n’importe quel autre élément en miroir. Cela dit, un col de chemise, un col Claudine ou un col de veste, demande de la technique. Il doit y avoir du thermocollant, pour qu’il tienne droit et ne se déforme pas et il se doit d’être symétrique. Il suffit de superposer les côtés droits et gauches du col pour le vérifier, sinon l’essayage révèle souvent des défauts de longueur et de tombé. 

  • Quand la qualité est là, elle est mise en avant. Un pull en fil d’Ecosse, une chemise en coton d’Egypte ou encore, une robe avec de la dentelle de Calais. Si le fil ou la provenance de la matière est reconnu comme étant de qualité, le fabriquant va le stipuler sur l’étiquette de composition. S’il a parié sur la qualité, il vous le fera savoir. 

  • Les étiquettes de composition et d’entretien doivent être détaillées. C’est-à-dire que l’ensemble des éléments présents sur le vêtement doit être indiqués ; les ganses, les boutons, la doublure et les empiècements (lorsque ils sont d’origine animal notamment). Parfois il n’y a que le tissu principal, si le vendeur vous dit que les finitions sont en cuir et que ce n’est pas indiqué, c’est surement faux. 

  • Un coton mélangé à une fibre synthétique n’est pas recommandable. De plus en plus de chemises et de denims (toiles de jeans) se retrouvent avec 20%, parfois 50% de polyester dans leur compo. Les fibres synthétiques mélangées à des fibres naturelles dans des toiles, n’apportent pas plus de solidité. Elles font juste baisser le prix de fabrication au dépend de la qualité. Cela concerne aussi des marques haut de gamme. Le vêtement peut grisailler avec les lavages et boulocher à l’usage. 

  • Une fibre synthétique mélangée à de la laine ne doit pas excéder 33% dans la composition. La laine est une matière sensible aux changements de chaleur et à l’humidité, elle aura tendance à se déformer. C’est pourquoi on mélange souvent la fibre, mais s’il y en a plus de 33%, on perd les propriétés thermiques et l’aspect s’en fait ressentir. 

  • L’élasthanne ou le Spandex ne doit pas excéder 3% (sauf peut-être pour un maillot de bain et autres vêtements de sport). Sans « stretch » on ne pourrait pas rentrer dans un slim, mais quand il y en a trop, qui plus est dans une toile fine, ça fragilise le tissu aux zones de frottement. 

  • Faites confiance aux labels textiles. Les vêtements et tous ce qui les compose, certifiés GOTS, Oeko-Tex ou Confiance-textile pour les plus connus, vous assurent la qualité de la fibre ou d’un produit textile fini. Les labels tels que WFTO ou Fair Wear Foundation, contrôlent les conditions de travail des ouvriers du secteur à travers le monde. Des sites répertorient les labels et les marques. 

  • Exercer votre œil sur du haut-de-gamme. Si vous avez peur de pousser la porte d’un magasin de luxe, vous pouvez vous rendre aux Galeries Lafayette et flâner entre les différentes marques pour comparer les finitions et la qualité des tissus. Rien de tel pour juger du rapport qualité prix et se rendre compte que parfois, on compare des vêtements similaires à des prix pourtant très différents...

Étiquette de composition d'un manteau, vous pouvez voir que tout y est détaillé. Le reste des informations est au verso .

 

J’aurai pu continuer loooongtemps, mais chaque type de vêtements a des finitions qui lui sont propres. La chemise, les tailleurs, les jeans, le montage d’une ceinture… Etc. C’est pourquoi d’autres articles suivront celui-ci. Tout est normé en fonction de la gamme et ses tissus, c’est un sujet sans inépuisable. Finalement, le plus important est de se demander, ce qui compte vraiment pour vous. Il ne faut pas hésiter à rallonger cette liste avec vos propres critères d'exigence stylistiques et la partager au plus grand nombre.

Dites moi : Qu’est-ce qui vous pose le plus problème lorsque vous faites les boutiques ? On peut chercher des solutions ensemble :)

Pourquoi je conçois des vêtements ?

Le vêtement est le plus petit espace que l’on habite.

On aurait pu penser que j’appellerai cet article : Pourquoi je couds ? Mais ce serait réducteur, finalement, ce n’est qu’une étape parmi un processus de création. Dans cet article je vais évoquer un peu mon parcours, mais surtout, je voudrai m'attarder sur, ce qu'est pour moi, le design de mode.

L’architecture et la mode. En licence, j’avais rédigé quelque chose sur l’influence de la mode dans l’architecture. L’inverse existe tout autant, pas nécessairement au niveau esthétique et matériel, mais dans des problématiques de conception. Dans mon cas, je m’interroge souvent sur les proportions, l’équilibre de la silhouette. Le volume et les jeux de lignes. J’aime particulièrement l’idée de concevoir un vêtement [un objet devant s’adapter à des courbes] uniquement conçu avec des lignes droites. C’est mon côté architecte qui s’exprime, on ne se refait pas ! [Nota Bene : Un ensemble de lignes droites qui donnent un voile courbe, est quelque chose qui poursuivait les architectes dans les années 50’s à 80’s. En géométrie, cela s’appelle un paraboloïde hyperbolique ou "scelle de cheval", pour donner une image]. Je n’étais pas du tout intrigué par ça quand je faisais de l’architecture, mais en couture, c’est mon terrain de jeu préféré. D’ailleurs, depuis que j’ai fini mes études, je ne vois plus et ne conçois plus les vêtements comme avant. Je pousse beaucoup plus loin le souci du détail et mes erreurs me sautent aux yeux. Ce nouveau regard, m'est utile tous les jours.

Exemple concret d'un paraboloïde-hyperbolique. Restaurant construit en 1966, au Mexique, par l'architecte Felix Candela.

Exemple concret d'un paraboloïde-hyperbolique. Restaurant construit en 1966, au Mexique, par l'architecte Felix Candela.

Peu importe le domaine dans lequel on exerce, s’il faut dessiner, inventer, améliorer un « produit », le processus de création est souvent le même. Les idées, les influences, s’imbriquent les unes dans les autres pour répondre à une problématique. "Les références" ou ce qui nous inspire, se trouve dans tous ce que nous aimons, ainsi que dans ce qui nous intrigue. Les éléments choisis se soutiennent pour former un schéma plus ou moins clair, duquel sort "Le concept". Vous me suivez ? C’est comme un mille-feuille de calque, qui mis en transparence font émerger The Idee. Ce qu’il faut retenir c’est que cela ne naît pas de rien. En couture, cela part régulièrement d’un tissu sur lequel on a flashé. Le problème devenant : "Mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir en faire ?".

Les lignes habillant les courbes du corps féminin. 

Ce que le blog m’apporte, l’outil idéal de promotion du fait main. Et parler de l’histoire de la mode et de ses créateurs ; leur cheminement de pensé, la société, le contexte dans lequel c’est arrivé, c’est s’éloigner de l’image superficielle de "La Mode". C’est avant tout montrer que c’est un médium d’expression comme un autre. Pour le designer, c’est un art en mouvement, pour ceux qui portent les vêtements (tout le monde donc !) c’est un moyen d’exprimer qui l’on est. Vous me direz : Pas tous ! Pour certain ce n’est qu’un moyen de ne pas sortir tout nu. Oui, mais ce rapport au vêtement en dit tout aussi long sur le rapport qu’ils entretiennent à leur corps et aux autres. Le style d’une personne ne résumera pas sa personnalité, car on peut tromper les gens, mais il n’est jamais sans lien avec une partie de nous. Qu’est-ce qu’un vêtement ? Ce ne sont pas que des pièces de tissu assemblées entre elles. C’est un objet qui couvre la peau. Ce sont des formes qui modifient notre corps, qui accentuent ou dissimulent ses caractéristiques, grâce à des coutures bien placées. Ce qui fait que l’on se sent avantagé ou non lors d’essayages, c’est souvent en raison d’une coupe inadapté à notre morphologie. La couture est un domaine plastique ; le tissu est un médium comme les autres. Je suis toujours fascinée de voir comment une taille plus ou moins haute, des épaules ajustés ou tombante, façonnent le corps, par des illusions d'optique. 

Je ne sais pas si l’on peut dire que j’aime tous les aspects de la création. J’adore les problèmes et j’aime les résoudre ; mais à choisir, une fois le modèle dessiné, le tissu et les finitions choisies, j’aimerai déléguer la réalisation à quelqu'un d'autre. Les étapes d’avant ont demandé beaucoup d’énergie et de temps, alors pourquoi je m’y met ? Peut-être pour l’instant d’après, celui de la délivrance, où on peut dire, c’est moi qui l’ai fait ! La satisfaction du travail accompli. Il y a un vrai plaisir, à tenir dans ses mains, la concrétisation de ce qui sort de notre imagination. Et c’est pour ça qu’on recommence, parce que ce serait trop frustrant de laisser les idées sur le papier. C'est pour toutes les raisons évoquées, que je conçois et pense à l'objet vêtement, la couture et la technique ne sont que la cerise sur le gâteau.

Et vous, qu'est-ce qui vous pousse à créer ? A coudre ? A réaliser ce qui se construit dans votre tête ? 

S'habiller pour mariage, quand on est enceinte

Quand on est enceinte, on ne sait pas quoi porter au quotidien ; pour une occasion, c'est encore plus vrai. La saison des mariages est officiellement ouverte ; on va danser, rire et bien manger . Un seul petit « trouble » à l’horizon, c’est aussi la période de l’année où il y a le plus de ventres ronds. C’est peut-être actuellement votre cas ou celui d’une amie ? Quoi qu'il en soit, fin mai, c’était mon tour de me poser cette question.

A un mariage on aime être élégante et quitte à investir, on apprécie de rentabiliser nos achats sur le long terme. C'est bien le cœur du problème, jusqu'à 5 mois, on peut s'y retrouver, mais au-delà cela va nous demander un peu plus de créativité. Un mariage c’est souvent sur deux, voir trois jours, à priori c’est une difficulté supplémentaire. La parade pour répondre à tous les cas de figure (prise de poids, météo capricieuse...), c’est de choisir deux tenues, diamétralement opposées, en style et en saisonnalité. Parce qu’une chose est sûre, vous ne pourrez pas connaitre la météo en avance. Le but étant d’avoir la tenue la plus adaptée, pour être au mieux le jour où on prend les photos !

  1. Il faut trouver le juste milieu entre l’esthétisme et le confort. Privilégiez toujours des tissus souples, oubliez les robes cocktail traditionnelles.
  2. Il vaut mieux apporter de quoi se couvrir, car vous bougerez moins que les autres invités et vous ne pourrez pas boire pour vous réchauffer.
  3. Surtout : Pensez à des chaussures de rechange.

En revanche le confort ne justifie pas tous les looks. Par exemple, je ne recommande pas de porter des robes amples ET longues à la fois. Dans ce grand volume de tissu, qui ne révèle aucune partie du corps, on perd complètement la silhouette. C'est l'effet sac assuré, on a juste l'air énorme. Mais les robes longues sont très jolies, quand elles sont près du corps. La grossesse c’est le moment idéal pour mettre les courbes en valeur et ça reste encore la meilleure solution pour cacher les jambes gonflées. C’est un « pensez-y bien » ;)

Mes deux options

Fidèle à mon plan, je suis partie avec deux robes ; une que j'avais faite pour l'occasion et une piochée dans mon placard. Pour le jour J, c'est finalement celle du placard qui était la plus adaptée. Légère et dans une matière très originale (le jersey de cupro), j'adore sa coupe. Elle est moulante, avec un décolleté porte feuille et un ensemble de plis qui forment des drapés. Le jersey est l’ami des femmes enceinte, c’est doux et confortable. Si vous n’en avez jamais eu, c’est probablement l’une des robes dans laquelle vous allez investir pour ces 9 mois de parenthèse. 

Le lendemain était beaucoup moins clément, j'ai pu profiter de ma nouvelle création. J’ai une grande passion pour les robes « baby doll », particulièrement adaptées à la grossesse, puisque très ample. J’aime d’autant plus l’idée, que grâce à sa forme, je peux la porter maintenant, à neuf mois de grossesse et même après, sans qu’on me pose la désagréable question « c’est pour quand ?! » alors que j’aurai déjà accouché depuis deux mois !  

Généralement dotée de fronces, ma robe en a sous la poitrine pour laisser s’arrondir mon ventre. Le détail du col Claudine en soie rouge souligne le look enfantin. Si vous aussi, vous êtes attirés par ce genre de robe, j’ai pensé à quelques détails qui font la différence. Tout d’abord, elle s'ouvre au milieu devant, ce qui est indispensable à l'allaitement qui va suivre. Ensuite, j’ai peu de robes à manches et là ou je vis (le nord de l’Angleterre) ça va m’être utile, même en été. J’ai donc opté pour des manches ¾ froncées, pour la fantaisie. On est loin de la robe cocktail ayant fait le succès de Balenciaga, mais tous les ingrédients sont là. Elle est drôle, chaude et confortable, je ne lui en demandais pas plus.

Le style de Balenciaga

La robe baby doll a été inventé par Cristóbal Balenciaga en 1954 et à connu le succès à partir de 1958. J’étais partie du préjugé que le robe babydoll était juste une évolution de la robe chasuble et qu’elle était donc bien plus réçente. Mais c’est en fait, le fruit de toute une réflexion sur la coupe et le corps, tirée directement des lignes droites des kimonos japonais (grande inspiration de l’époque). On gomme les formes, on change les lignes qui structurent d’ordinaire la silhouette, pour casser les codes et désexualiser. Le résultat est une robe trapèze enfantine, raz du cou, très volumineuse, ajustée aux épaules. A l’origine Balenciaga la dessine juste au-dessus du genou, avec la ligne de taille abaissé et froncée sur les hanches. On voit toujours, lors des défilés de la Maison, des réinterprétations très poétiques de cette robe.

Cristóbal Balenciaga, printemps/été 1958.  Robe cocktail "Baby doll"  - Balenciaga Archives.

Cristóbal Balenciaga, printemps/été 1958. Robe cocktail "Baby doll" - Balenciaga Archives.

Aujourd’hui la babydoll est revenue à la mode, chaque été depuis au moins cinq ans, elle souffle un vent de fraîcheur dans notre penderie. Toutefois, si les fondamentaux restent les mêmes, quelques évolutions ont eu lieu. On les trouve désormais beaucoup plus courtes ; si courtes qu’elles sont parfois vendues avec un short ou un bloomer (on reste dans l’enfance). On est parfois plus dans la robe de plage que dans la robe cocktail d'origine. La ligne de fronces change aussi, elle peut se trouver aux hanches, à la taille ou sous la poitrine et enfin les manches, bouffantes ou non, sont de toutes les longueurs. On a élargi le champ des possibles.

Pour les grossesses, je ne pense pas trouver solution plus rentable. La babydoll se porte dans tous les états, enceinte ou non, vous allez pouvoir la ressortir les saisons suivantes et c’est ce qu’on aime. La robe que je me suis faite pour le mariage est chaude, elle sera parfaite pour la rentrée et pour cet hiver, mais je dois m’en faire au moins une autre pour cet été. Je vous partagerai mon patronage original avec plaisir.


Références :

  • Arizzoli, Pierre / Arzalluz, Miriam / Cerrillo Rubio, Lourdes / Jouve, Marie-Andrée. Balenciaga : Cristóbal Balenciaga museoa. Éditions du Regard, 2011.

Le Fast Fashion ou la mort du prêt-à-porter

Les dessous de vos dessus

Je boude, j'ai jamais rien à me mettre !

Je boude, j'ai jamais rien à me mettre !

Le « fast fashion » est une technique de marketing de mode assez récente. On s’habille tous très largement dans ces enseignes, qu’on ait les moyens d’aller ailleurs ou non. Sans les citer, vous allez très vite les reconnaître. Leurs prix sont imbattables, les collections tournent très vite et on peut même recycler nos anciens articles dans certains magasins ; le rêve quoi ! Et bien, on va voir que non.

Le « fast shopping » ou « fast fashion », sont des termes utilisés par les marques de retail (le prêt-à-porter) pour décrire des créations peu chères, passant du bureau de style aux rayons des magasins en quelques semaines. Le but est d’introduire sur le marché plus de 4 collections par an, entrecoupées de collections capsules éphémères, pour inciter le consommateur à acheter toujours plus et souvent. En opposition, il y a le slow fashion, qui peut désigner un mouvement citoyen qui prône un retour à une consommation éthique et au fait maison (tout comme la « slow food » s’érige contre le fast food).  Le prêt-à-porter industriel est né au milieu du XX° siècle. Jusqu’à la 1ère guerre mondiale, tous les vêtements étaient faits sur-mesure ou fabriqués par madame, à la maison. L’installation de boutiques est venue progressivement, par le haut-de-gamme tout d’abord, puis par l’arrivée d’enseignes accessibles tel que H&M (1947). Pour autant, le fast fashion n’existe que depuis les années 2000 et le concept va très loin, puisque nous parlons désormais de mode jetable.  

Une mode accessible à tous, c’est une noble qualité à première vue. On se dit que les plus démunis peuvent eux aussi acheter des vêtements dans l’air du temps. Mais ne vous y tromper pas, ce n’est pas le public visé en réalité. Si on revient sur le concept de capsules éphémères, on voit qu’il est question d’inciter le client à revenir consommer. On parle donc à une population avec un pouvoir d’achat suffisant pour repartir (comme je le vois quotidiennement en Angleterre) avec des poches remplis à ras bord. Les achats se font en quantité de façon irraisonné, car à bien des égards, ces articles sont d’une grande médiocrité, ils n’ont aucune tenue dans le temps. Renouveler les collections en continu, veut aussi dire que les vêtements se démodent très vite, des tonnes d’articles sont donc jetés chaque semaine. Le prêt-à-porter est de base l’une des industries les plus polluante de la planète, trouver de l’éthique à tous points du maillon de la chaine, qui ne fasse pas 20000 km pour arriver jusqu’à nous, relève de l’exploit. Mais si en plus de cela, on incite les gens à consommer en masse de mauvais produits, qui seront inutilisables au bout d’un mois, on ne peut plus considérer que le prix constitue une plus-value, c’est même le contraire. Leur client moyen n’achète pas par nécessité mais parce qu’il en veut plus.

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La valeur des choses

Les années 50’s sont loin. En l’espace de deux générations, la valeur que nous donnons aux choses à beaucoup évolué. Nous avons perdu quelques notions en route, en premier lieu le savoir-faire. La confection d’un vêtement était connue de tous auparavant, qui sait désormais qu’un pantalon de ville est normalement doublé sur le devant ? Qui utilise encore l’expression « pantalon de ville » ? :D

Le problème est vraiment lié au manque de connaissance de la population, sur les processus de création. L’argument le plus utilisé par les clients de ces enseignes est le suivant : Pourquoi j’irais acheter un vêtement plus cher si je peux avoir « le même » pour moitié prix ? La réponse est simple, ce n’est pas « le même ». D’abord, tout le processus de fabrication a été raccourci. Un bureau de style n’a pas la capacité créative pour générer 6 collections par an, la solution est le plagiat massif de looks vus sur les podiums et sur des sites de jeunes designers qui n’ont pas les moyens de se défendre. Il n’y a pas ou peu de prototypes, ce qui explique que beaucoup de modèles n’ont pas un beau tombé ou que les tailles soient approximatives. Le contrôle qualité des pièces en sortie de chaine de fabrication est minime, il y a des fils non coupés et des finitions pas très propres (sans parler de la qualité des tissus). Ce qui joue le plus, c’est la quantité fabriquée, ils commandent des dizaines de milliers de pièces, ils font donc jouer la concurrence pour tirer les prix vers le bas, ainsi, les vêtements réalisés ne coutent que quelques centimes à l’unité. Et comme vous le savez déjà, là où il y a les prix les plus bas, les conditions de travail sont forcément minables. Pour finir, l’organisation des magasins est faite, pour que vous n’ayez pas à demander de tailles ou de conseils, il n’y a pas de service clients, il n’y a que des magasiniers et des caissiers.

Si je parle de mort du prêt-à-porter, c’est parce qu’elle est réelle. Une enseigne qui met du temps et des moyens dans ses collections et son service client, ne peut pas afficher les mêmes tarifs. C’est pourquoi depuis 5 ans, fleurissent tous les mois les « ventes privées », les « promotions exceptionnelles » et les « pré-soldes », c’est parce qu’ils ne vendent plus. Les autres marques essaient de garder leur renommée tout en cherchant à faire des économies de bout de chandelle. Ils baissent parfois la qualité des matières et des collections, ce qui a pour résultat de braquer les clients connaisseurs, qui désertent les magasins. C’est le serpent qui se mord la queue. Si ces enseignes ne font pas machine arrière pour renouer avec leur identité de marque et leur qualité d’origine, elles signent leur fin. Ainsi nous n’aurons plus le choix qu’entre les magasins de luxe, le très haut de gamme ou le fast fashion.

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Le mirage stylistique et éthique

Au-delà du prix, que nous promettent les enseignes de fast fashion ? Le style, être à la mode. Tout d’abord en relayant les tendances haute couture. A la fashion week 2016, on a pu voir des insectes brodés dans toutes les collections ; l’hiver d’après, il y en avait sur tous les pulls à bas prix. Il n’a jamais été aussi facile de s’acheter une certaine idée du luxe. Depuis 5 ans, ils frappent encore plus fort, en réalisant des partenariats avec des stylistes de grande renommée. De la haute couture à prix cassé, pour s’éloigner encore plus de la valeur des choses. Bien sur les vêtements réalisés à l’occasion sont plus chers, on vends l’exclusivité et le public est au rendez-vous, puisqu’il pense acheter du luxe à 100€. C’est le coup de grâce, comment défendre un travail de qualité, devant cette mascarade ? C’est une escroquerie. Il y a donc possibilité de trouver des pièces très mode, à très bas prix. C’est offrir la possibilité à tous de s’habiller et d’affirmer un style unique. Car ils vendent ça aussi, la singularité. Cela transparait dans les publicités, les égéries et même leurs magasiniers punks. C’est vrai que la diversité annuelle de pièces est faramineuse, mais c’est oublié qu’elles sont fabriquées en masse. On nous vend l’originalité par mètre cube, ce qui revient à être tous habillé pareil, où est le style personnel promis ? On pense gagner en liberté et en choix, mais il se produit le contraire.

« The last, but not the least », les politiques de recyclage de nos vieux vêtements. Ne vous laissez pas avoir par certaines enseignes, qui vous invitent à leur retourner vos anciens achats pour les « recycler » ou les donner. Ce n’est qu’un mirage de plus, car on vous dit, qu’on va re-fabriquer de nouveaux vêtements grâce aux fibres, ce qui est possible, mais très technique. H&M se démarque avec des collections capsule « conscious » . L’idée est de créer de nouvelles matières à base de fibres récupérées sur ces retours, y compris à base de polyester, généralement incinéré. Cela s’appelle du greenwashing ou comment laver son image en donnant l’impression d’être écolo. Attention, ce sont de très jolies petites collections, il y a du bio, il y a du recyclé, mais on parle de combien de vêtements ? Alors que la marque mettait en avant cette campagne, une enquête tendait à prouver qu’elle brulait dans les 12 tonnes d’invendus par an. Simple question logique : Si H&M brule 12 tonnes par an de vêtements neufs, quelle est la probabilité que votre vieux T-shirt trouve une nouvelle vie « conscious » ? C’est le même problème pour les autres recycleries, peu de vêtements sont suffisamment en bon état pour être donnés. Les fibres naturelles sont recyclées en nouvelle fibre depuis longtemps, mais les autres matières sont souvent mélangées, issues de la pétrochimie, elles peuvent être fondues pour être incorporées dans des plastiques, mais elles finissent pour la plupart incinérées et font grossir les nuages de pollution.

 

Les individus se questionnent aisément sur leur alimentation et la qualité de vie des agriculteurs, sur les répercutions environnementale et l’éthique de leur produits cosmétiques ; ils sont moins nombreux à se soucier de l’impact écologique, économique et sociale de leur consommation de vêtements. C’est une responsabilité que nous avons, de se demander pourquoi et comment nous consommons. Soyez curieux, renseignez-vous sur les méthodes de fabrication, sur la charte des entreprises et sur les créateurs locaux. Regardez votre dressing dans les yeux ; vous n’avez pas besoin de vêtements, vous en avez envie. Si c’est un tel plaisir, devenez collectionneur ; dans cette jungle d’enseignes, partez chassez des articles qui vous représentent, classiques ou originaux, mais surtout durables.

Je ne vais pas conclure en faisant l’apologie du fait-main. Le but de cet article est de se questionner sur notre consommation au quotidien. J’aime le prêt-à-porter, la diversité des enseignes et donc des styles. Je souhaite que la liberté apportée par cette industrie, perdure, pour que chacun y trouve son compte. Je ne pense pas que ce soit un hasard que le prêt-à-porter soit né dans les années 50’s, il coïncide avec l’émergence du féminisme. Si avant, pour s’habiller, une famille devait compter sur les talents de couturière d’une mère au foyer, ce n’est plus le cas maintenant. Coudre ses vêtements n’est plus une nécessité, c’est un plaisir. Un plaisir que j’aime partager et promouvoir, pour préserver le savoir-faire. Faire l’expérience de coudre un vêtement, remet beaucoup de certitudes en perspective. Oui c’est long, oui c’est difficile et oui vous allez devoir découdre et recommencer, parce qu’avant d’être un loisir, c’est un métier.


Références :

  • Hennes & Mauritz. (2018, April 22). Retrieved from https://fr.wikipedia.org/wiki/Hennes_&_Mauritz
  • Fernando, J. (2017, December 08). Fast Fashion. Retrieved from https://www.investopedia.com/terms/f/fast-fashion.asp
  • ALEAUR, D. (n.d.). Filire mousses et textiles. Retrieved from http://www.oree.org/recyclage-valorisation/filiere-textile.html
  • AYMOND, G. (2017, November 27). H&M brûle des tonnes de vêtements pour produire de l'électricité. Retrieved from https://www.capital.fr/economie-politique/h-m-brule-des-tonnes-de-vetements-pour-produire-de-lelectricite-1257771
  • (2012, May 23). Retrieved April 23, 2018, from http://www.dailymotion.com/video/xr0iwd

La domination de l'ananas sur le monde

Le règne animal et végétal, dans l'histoire de la mode et du design, c'est de l'amour fou, des ruptures et des come-back. La nature constitue une grande source d'inspiration pour les créateurs en tous genres. Les fleurs, sont des motifs récurrents et populaires ; seule la manière de les représenter, a vraiment évoluée au fil du temps. Les animaux, mais aussi les fruits, sont quant à eux, d'avantage sujet aux effets de modes et donc aux changements d'états d'esprit d'une population.

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Si ce sujet te parait flou, tu vas vite comprendre de quoi il s'agit, à la seule évocation du roi des animaux à la mode (non, pas le lion...) : "Le Flamant Rose". On le voit partout, PARTOUT depuis 2015. C'était déjà une star de longue date, dans les dessins animés, la littérature et la peinture. Mais pourquoi cette explosion ? Tout d'abord le rose. C'est la couleur phare des années 2000, c'est l'équivalent de la couleur orange dans les années 70.  Ensuite, l'esthétique de cet oiseau est fabuleuse. Ses pattes, comme des cannes, aussi longues et fines que son cou, lui donne la démarche élégante d'un dandy. Pour les designers, il est très facile à caricaturer et à détourner. De l'arrosoir, à la bouée, en passant par des illustrations et des bijoux ; tout peut être fait en "version flamant rose".

Pour les fruits, tu l'auras deviné, c'est l'ananas qui remporte la palme. Fais l'expérience de taper "ananas décoration" dans Google Trends et tu verras que la tendance est en progression constante. [Le pic d'influence est prévu pour ce mois-ci !] Plus sérieusement, ce fruit fascine depuis sa découverte à la fin du XVème siècle et son succès décoratif date de l'époque coloniale (entre le XVIIème et le XIXème). Il symbolisait l'exotisme des terres lointaines et représentait la richesse de son propriétaire. Ses courbes généreuses et sa géométrie le rendent irrésistible. Il fait depuis 2008 un fulgurant retour. Ses proportions sont parfaites pour toutes sortes de contenants : vases, vide-poches, sacs à main ou gourdes. D’ailleurs, le fruit en lui-même suffit à décorer une table.

Pourquoi préfère-t-on certains fruits et animaux à d'autres ? Tout d'abord leur exotisme. Ce sont souvent des espèces qui viennent de loin ou que nous n'avons pas dans notre environnement quotidien, ils sont dépaysants. Leur couleur et leur physionomie se distinguent des autres espèces. Il est connu que, pour qu'une forme ait du succès, elle doit être reconnaissable en quelques traits, comme lorsqu’on desine un pictogramme. Prenons l'exemple de la tour Eiffel ou du théâtre de Sydney, on pourrait les reconnaître à leur ombre, c'est aussi le cas de tous les fruits et animaux à la mode ; les cerises, les citrons, les licornes [d'accord, hors catégorie] ou les singes. Ce qui n'est pas le cas du fruit de la passion, de la mangue ou de la loutre. Ils sont compliqués à caricaturer, trop semblables à d’autres espèces, ils n'ont pas un comportement singulier ou une forme originale ; ils sont donc impossibles à s'approprier. Un critère de "beauté" ne suffit pas, il les faut tous !

La question est donc de savoir, pourquoi se fait-on envahir par ces objets décalés, enfantins même, depuis maintenant dix ans ? Qu'est ce qui a changé ? Pour la plupart, nous percevons le monde et les événements, au travers de notre smartphone, qui nous inonde en continu d'informations. Certes l'information est la clé du savoir, mais les faits ne sont pas toujours vérifiables et maîtrisés de tous, cela rend l'information anxiogène. Contrairement aux apparences, notre ère est la moins violente de toutes. Ce qui nous trompe, c’est le flux constant et envahissant de nouvelles, nous sommes plus au courant du meilleur comme du pire. Plus notre esprit est soumis à des pressions, plus il cherche à s’apaiser. Nous ressentons le besoin de maîtriser de nouveau notre environnement, ainsi nous sélectionnons soigneusement les objets qui nous entourent. Cela nous donne une illusion de contrôle. Les éléments saillants de la nature, nous attirent et nous intriguent, ils nous procurent un sentiment de bien-être. C'est là qu'interviennent toutes ces jolies choses, bonnes pour le moral, que sont les flamants roses et les ananas.


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Parenthèse historique sur les insectes

Les insectes sont probablement les premiers animaux utilisés comme ornement, majoritairement des bijoux. Je pense notamment au scarabée dans l’Égypte ancienne (2050 - 1580 avant JC).  Plus récemment, les insectes tels que les abeilles, les araignées et bien-sur les papillons, étaient très prisés en joaillerie, durant l'ère victorienne (XIX° siècles, début du XX°). L'époque des avancés industrielles et des découvertes scientifiques. Mention spéciale aux très spectaculaire "broches araignées", ainsi qu'aux abeilles, qui s'invitent jusque dans les plus hautes sphères de l'Etat français. Elles ornent les bouteilles de parfum Guerlain, on se sert de la géométrie de ses alvéoles pour designer des objets du quotidien... Etc. 2016 signe le grand retour de ces petites bêtes, en accessoires bien-sûr, mais surtout en broderie perlées sur les vêtements. Quand on regarde les couleurs et la morphologie de ses insectes, nul doute que leur succès perdurera, ce sont sans notre intervention, de vrais bijoux.

ICI on apprend comment broder une abeille sur un col amovible ou sur ce que tu veux ! Et là, ce sont des inspirations de broderies que j'ai collecté sur Pinterest.

Le sweat-shirt ou la mode américaine

Une fois n'est pas coutume, nous allons parler aujourd'hui d'un vêtement "STAR", dont le succès ne se dément plus, le sweat (comme on l'appelle en France) ou plutôt le sweat-shirt.

Commençons par une définition : Le sweat-shirt, littéralement, maillot de transpiration, désigne un pull oversize sans col, à manches longues, en jersey de coton épais et molletonné. Le premier modèle, le crewneck, était un vêtement "technique", spécialement conçu pour les athlètes qui l'utilisaient durant l'entraînement (le plus souvent, avant et après). Un sweat-shirt fourni non seulement de la chaleur, mais comme son nom l'indique, possède également des propriétés absorbantes, idéales pour gérer la sudation. 

Benjamin Russell JR, joueur de football américain, en avait marre des pulls en laines lourds qui grattent. Il porte le modèle crewneck, dont on distingue à peine le triangle caractéristique à l'encolure.

Benjamin Russell JR, joueur de football américain, en avait marre des pulls en laines lourds qui grattent. Il porte le modèle crewneck, dont on distingue à peine le triangle caractéristique à l'encolure.

Le sweat-shirt apparaît pour la première fois en 1920, en Alabama, aux Etat-Unis. On attribue sa paternité à un duo père/fils, Benjamin Russell, entrepreneur et Benjamin Russell Junior, présenté ci-dessus. Comme beaucoup de vêtements ayant rencontré du succès, le sweat répond à un besoin. Jusqu'alors les athlètes n'avaient pas d'autre alternative que de porter des pulls en laine, absolument pas adaptés à la pratique d'un sport. Junior aurait communiqué son désir d'un pull souple et léger en jersey de coton et papa aurait fait le reste. On ne saurait dire où s'arrête l'histoire et où commence la légende, car plusieurs marques ont lancé des modèles similaires au début des années 20's.

Le triangle de crewneck est fait de deux épaisseurs de molleton, pour récupérer la sueur du cou.

Le triangle de crewneck est fait de deux épaisseurs de molleton, pour récupérer la sueur du cou.

Ce dont on est sur c'est que dès sa commercialisation, tous les sportifs universitaires et leurs camarades l'adoptent pour porter haut les couleurs de leur campus. Ce phénomène explose dans les années 50's, lorsque la marque Russell Athletic améliore ses modèles. Tout d’abord elle utilise la technique du flocage (transfère d'encre textile et colle, inventée dans les années 30's) pour personnaliser les sweats. Mais surtout, elle créer un jersey molleton plus solide, en fibres mélangées. Du coton blanc et du polyester noir, qui vont donner au sweat sa fameuse couleur gris chiné.  Devenu plus solide et moins cher à fabriquer, de nombreuses marques vont s'y mettre, mais le public reste celui des débuts, des athlètes et des universitaires. Il est difficile de toucher une large population, en dehors de son cœur de cible, quand on s'appelle maillot de transpiration ! On a connu mieux niveau marketing.

Comment devient-on une icône de la mode ? Cheminement classique d'un vêtement ayant du succès. 

Comment devient-on une icône de la mode ? Cheminement classique d'un vêtement ayant du succès. 

Les décennies passent et rien ne bouge jusque dans les années 80's. En terme de style, cette époque mériterait un certain nombre d'articles. C'est à cette période que le sweat va dépasser les frontières des campus pour être PARTOUT. Le secret de ce succès ? Un certain culte du corps relayé par des émissions de stretching et les célébrités. Merci donc à Cindy Crawford, Georges Michael, Stallone dans Rocky, l'équipe de Fame et bien-sur Jennifer Beals dans Flashdance. Le sweat-shirt se fait court, sans manches, tombant sur les épaules, à capuche, à zip, multicolore... Il y en a pour tous les goûts, y compris ceux des rappeurs américains, qui se l'approprient et lance le style streetwear. 

Comme souvent, l’omniprésence de l'objet va lasser. Dans les années 90's, la fabrication en masse ternit son image, il se démode. Le sweat retrouvera ses lettres de noblesse dans les années 2012/13, lorsque des maisons haute-couture vont s'emparer de cet objet sportswear tombé dans l'oubli, pour en faire un vêtement chic. Kenzo, Givenchy, Lanvin, pour ne citer qu'eux. Désormais on peut trouver des sweat-shirts avec des imprimés de grande qualité, des broderies à sequins, des empiècement en cuir et à fourrure (vrai ou fausse). Depuis, il est de toutes les collections, sans être aussi envahissant que dans les années 80's. Il est passé par toutes les phases, tous les looks, toutes les catégories sociales, le sweat-shirt est devenu une icône.

Si tu veux apprendre à faire un sweat, c'est par ICI et si tu veux le personnaliser, c'est LA !


Références :

  • “L'histoire Du Sweat-Shirt : Le Vêtement Qui Revient De Loin.” Accueil, 13 Oct. 2017, mistertee.fr/blog/lhistoire-du-sweat-shirt.
  • “Mode : D'où Vient Le Sweat-Shirt ?” E-TV, www.etvonweb.be/81987-mode-dou-vient-le-sweat-shirt.

  • Maliszewski, Catherine. “Le Sweat-Shirt S'habille.” Le Figaro, 12 May 2006, www.lefigaro.fr/aumasculin/2006/05/12/03009-20060512ARTWWW90324-le_sweat_shirt_s_habille.php.

  • “Kenzo, Givenchy, Lanvin, Stella McCartney : Le Sweat Couture, Des Podiums Au Dressing.”Mode – Actu Mode, Tendance Et Haute Couture – Puretrend.com, www.puretrend.com/rubrique/shopping_r14/kenzo-givenchy-lanvin-stella-mccartney-le-sweat-couture-des-podiums-au-dressing_a79307/1.

Mini-jupe, la Révolution

Mary Quant est une créatrice britannique, propriétaire de la boutique Bazaar, qui avait pignon sur rue dans le quartier de Chelsea (Londres) dès 1955. Son inspiration première venait de la rue et de la société bouillonnante des années 60's. En 1964, elle décide de raccourcir ses jupes de plusieurs centimètres au-dessus du genou. La mini-jupe était née ! Mais ce n’est pas si simple, essayons de comprendre comment et pourquoi on en est arrivé là. 

Autobiographie de Mary Quant, 2012 / Les mannequins prennent la pose en mini robe (Getty image)

Est-ce que c'était la première fois qu'on voyait des jupes aussi courtes ? Non ! Les danseuses en portaient dans leur spectacle depuis bien longtemps. Pour la société civile en revanche, le raccourcissement c'est fait progressivement au début du XX° siècle. La longueur a varié selon les décennies, jusqu’à la seconde guerre mondiale. Les restrictions dues au rationnement, ont obligé les femmes à concevoir des jupes juste au-dessous du genou [Parfois la guerre a des répercussions inattendues…]. A l’époque ça n’avait rien avoir avec de quelconques revendications, vingt ans après c’est tout le contraire.

Patrons des années 45's, 50's et du début des années 60's

Que voit Mary Quant au travers des vitrines de sa boutique des années 60’s ? Une jeunesse déchainée qui ne veut pas coller au schéma de papa maman et qui aspire à une autre vie. Les manifestations des jeunes et leur demande d'expression individuelle révèlent qu’ils prennent conscience d'eux-mêmes en tant que groupe distinct en capacité de réagir aux événements politiques. Ils refusent de suivre les règles de morale bourgeoise de leurs parents. Leur entité et leur voix grandissent, ils veulent une mode les distinguant et incarnant leurs propres opinions.

En Amérique et outre-manche on observe à cette période, une augmentation des inscriptions des femmes à l’université, la Beatlemania bat son plein (le rock a son importance !), la première pilule contraceptive est commercialisée… Bref, la libération sexuelle était en marche, la mini-jupe l’a suivi. Car la mini-jupe n’est pas qu’un vêtement, c’est un outil politique ! 

A Munich, les femmes ont manifesté contre le look «maxi» de la mode automne et hiver de 1970. Le retour aux jupes longues, non merci. (LOTHAR PARSCHAUER/PICTURE-ALLIANCE/DPA/AP IMAGES)

Cet outil existe toujours et il est nécessaire. Car le jugement de valeur porté sur les femmes en jupe courte, n'a pas beaucoup évoluer en 45 ans. Des manifestations de femmes en mini-jupe ont encore régulièrement lieu, en 2008 en Afrique du Sud, ou encore en 2015 en Tunisie. Ce que dit une femme en mini-jupe c'est : "J'assume ma féminité, j'assume une sexualité libre. Je suis bien dans mon corps et il m'appartient." Autant dire que ça ne plait pas à tout le monde.

Un styliste français va créer la même année que Quant, une collection de minis ; André Courrèges. Grâce à lui, la mini-jupe va passer de la rue au podium et donc, d'un vêtement populaire à un vêtement de luxe. Pour tous, la mini-jupe reste une invention anglo-saxonne et je partage cet avis. La jeunesse anglaise a réclamée cette mode, la libération des moeurs avait plusieurs années d’avance, alors qu’en France on est resté frileux jusqu’en 1968. Et bien que Courrège ait voulu s'attribuer la paternité de la mini, Mary Quant a su remettre les choses à leur place : “It wasn’t me or Courrèges who invented the mini-skirt anyway, it was the girls in the street who did it.” (non daté) [“Ce n’est pas moi ou Courrèges qui avons inventé la mini-jupe de toute façon, ce sont les filles de la rue qui l’ont fait.”] Et toc !


Références :

  • Quant, Mary. Mary Quant: My Autobiography. Headline, 2012.
  •  “Une Histoire De La Minijupe.” ARTE, www.arte.tv/fr/videos/061966-001-A/une-histoire-de-la-minijupe/.

 

La mode japonaise

Suite et fin de la trilogie sur la blouse MIKADO. Tu connais déjà le modèle, son tissu, sa composition ; je t'ai appris à faire des fronces pour reproduire cet effet volanté poétique. Aujourd'hui je voudrai t'en dire d'avantage sur une tendance de plus en plus présente dans les magasins et sur les podiums : La mode japonaise ou d'inspiration japonaise.

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Retour sur l'histoire ; tout commence dans les années 70's avec l'arrivée de Kenzo Takada sur les podiums parisiens. Lui emboiteront le pas, Issey Miyake ou encore Yohji Yamamoto, pour les plus illustres (ces noms t'évoquent peut-être quelque chose ?) En reprenant les codes ancestraux du vêtement japonais, avec des silhouettes déstructurées, des superpositions, beaucoup de couleurs et de motifs ; ils font vivre le vêtement  d'une manière inédite en occident. Ils sculptent des volumes et re-dessinent un corps sans véritable genre. Et comme souvent dans l'art et la création, la radicalité de la nouveauté n'est pas très bien reçue par la critique...

Mais en quoi la mode japonaise se distingue-t-elle des autres ? Elle est tout simplement à l'opposé de la conception de la mode occidentale. Bien que comme tout créateur, les inspirations des stylistes japonais soient multi-culturelles, on peut considérer qu'il y a une différence d'ordre philosophique sur l'idée [l'usage] du vêtement, ainsi que sur le corps de la femme. Traditionnellement au Japon, la mode homme et la mode femme sont très proches. Des marques ont parfois fait de l'androgynie, leur raison d'être. Je pense notamment à Comme des Garçons, créée par la japonaise Rei Kawakubo. Tout est dit dans le nom !

De toutes mes créations, celle qui s'approche le plus de la conception japonaise du vêtement est la robe Mélissa.

Les créations japonaises se caractérisent par :

  • Une silhouette ample et des lignes épurées.
  • Pas de pinces ou de lignes marquées qui structure idéalement le corps.
  • Des découpes et assemblages décalées. Par exemple les emmanchures ne sont pas aux épaules, mais au milieu du bras (manche tombante). Ou encore, les pantalons sont larges et courts, au dessus des chevilles.  
  • Des tissus épais et/ou de bonne tenue, dans des matières naturelles, richement décorées.

Bien sur, il ne s'agit pas là d'une recette, mais de composantes récurrentes. Désormais, la mode japonaise se diffuse dans toutes les enseignes, tu en as dans ta penderie sans même le savoir. Des partenariats ont régulièrement lieu avec la nouvelle génération de stylistes, comme Kenta Matsushige pour Petit Bateau.

    Pour finir, on pourrait se demander pourquoi cela nous plait tant ? La clef de ce succès à mes yeux, c'est la dimension intemporelle de ces silhouettes. Le fait de nier le corps en s'en éloignant, non seulement le désexualise, mais lui enlève tout âge et toute époque. Le jour où tu optes pour un style plus "loose" et architecturé, comme l'est la mode japonaise, tu arrêtes de vieillir, c'est promis !

    Depuis quelques années, les manuels de couture et patron de vêtements créés par des Japonais font fureur. En voici un exemple, si tu suis le lien, tu en trouveras beaucoup d'autres.

    L'avantage est que cela regroupe des modèles niveau débutant, donc de conception simple, que l'on peut customiser à volonté.

    NB : Ce livre propose des modèles dans peu de tailles, mais d'autres vont jusqu'au 52 ;)