S'habiller pour mariage, quand on est enceinte

Quand on est enceinte, on ne sait pas quoi porter au quotidien ; pour une occasion, c'est encore plus vrai. La saison des mariages est officiellement ouverte ; on va danser, rire et bien manger . Un seul petit « trouble » à l’horizon, c’est aussi la période de l’année où il y a le plus de ventres ronds. C’est peut-être actuellement votre cas ou celui d’une amie ? Quoi qu'il en soit, fin mai, c’était mon tour de me poser cette question.

A un mariage on aime être élégante et quitte à investir, on apprécie de rentabiliser nos achats sur le long terme. C'est bien le cœur du problème, jusqu'à 5 mois, on peut s'y retrouver, mais au-delà cela va nous demander un peu plus de créativité. Un mariage c’est souvent sur deux, voir trois jours, à priori c’est une difficulté supplémentaire. La parade pour répondre à tous les cas de figure (prise de poids, météo capricieuse...), c’est de choisir deux tenues, diamétralement opposées, en style et en saisonnalité. Parce qu’une chose est sûre, vous ne pourrez pas connaitre la météo en avance. Le but étant d’avoir la tenue la plus adaptée, pour être au mieux le jour où on prend les photos !

  1. Il faut trouver le juste milieu entre l’esthétisme et le confort. Privilégiez toujours des tissus souples, oubliez les robes cocktail traditionnelles.
  2. Il vaut mieux apporter de quoi se couvrir, car vous bougerez moins que les autres invités et vous ne pourrez pas boire pour vous réchauffer.
  3. Surtout : Pensez à des chaussures de rechange.

En revanche le confort ne justifie pas tous les looks. Par exemple, je ne recommande pas de porter des robes amples ET longues à la fois. Dans ce grand volume de tissu, qui ne révèle aucune partie du corps, on perd complètement la silhouette. C'est l'effet sac assuré, on a juste l'air énorme. Mais les robes longues sont très jolies, quand elles sont près du corps. La grossesse c’est le moment idéal pour mettre les courbes en valeur et ça reste encore la meilleure solution pour cacher les jambes gonflées. C’est un « pensez-y bien » ;)

Mes deux options

Fidèle à mon plan, je suis partie avec deux robes ; une que j'avais faite pour l'occasion et une piochée dans mon placard. Pour le jour J, c'est finalement celle du placard qui était la plus adaptée. Légère et dans une matière très originale (le jersey de cupro), j'adore sa coupe. Elle est moulante, avec un décolleté porte feuille et un ensemble de plis qui forment des drapés. Le jersey est l’ami des femmes enceinte, c’est doux et confortable. Si vous n’en avez jamais eu, c’est probablement l’une des robes dans laquelle vous allez investir pour ces 9 mois de parenthèse. 

Le lendemain était beaucoup moins clément, j'ai pu profiter de ma nouvelle création. J’ai une grande passion pour les robes « baby doll », particulièrement adaptées à la grossesse, puisque très ample. J’aime d’autant plus l’idée, que grâce à sa forme, je peux la porter maintenant, à neuf mois de grossesse et même après, sans qu’on me pose la désagréable question « c’est pour quand ?! » alors que j’aurai déjà accouché depuis deux mois !  

Généralement dotée de fronces, ma robe en a sous la poitrine pour laisser s’arrondir mon ventre. Le détail du col Claudine en soie rouge souligne le look enfantin. Si vous aussi, vous êtes attirés par ce genre de robe, j’ai pensé à quelques détails qui font la différence. Tout d’abord, elle s'ouvre au milieu devant, ce qui est indispensable à l'allaitement qui va suivre. Ensuite, j’ai peu de robes à manches et là ou je vis (le nord de l’Angleterre) ça va m’être utile, même en été. J’ai donc opté pour des manches ¾ froncées, pour la fantaisie. On est loin de la robe cocktail ayant fait le succès de Balenciaga, mais tous les ingrédients sont là. Elle est drôle, chaude et confortable, je ne lui en demandais pas plus.

Le style de Balenciaga

La robe baby doll a été inventé par Cristóbal Balenciaga en 1954 et à connu le succès à partir de 1958. J’étais partie du préjugé que le robe babydoll était juste une évolution de la robe chasuble et qu’elle était donc bien plus réçente. Mais c’est en fait, le fruit de toute une réflexion sur la coupe et le corps, tirée directement des lignes droites des kimonos japonais (grande inspiration de l’époque). On gomme les formes, on change les lignes qui structurent d’ordinaire la silhouette, pour casser les codes et désexualiser. Le résultat est une robe trapèze enfantine, raz du cou, très volumineuse, ajustée aux épaules. A l’origine Balenciaga la dessine juste au-dessus du genou, avec la ligne de taille abaissé et froncée sur les hanches. On voit toujours, lors des défilés de la Maison, des réinterprétations très poétiques de cette robe.

 Cristóbal Balenciaga, printemps/été 1958.  Robe cocktail "Baby doll"  - Balenciaga Archives.

Cristóbal Balenciaga, printemps/été 1958. Robe cocktail "Baby doll" - Balenciaga Archives.

Aujourd’hui la babydoll est revenue à la mode, chaque été depuis au moins cinq ans, elle souffle un vent de fraîcheur dans notre penderie. Toutefois, si les fondamentaux restent les mêmes, quelques évolutions ont eu lieu. On les trouve désormais beaucoup plus courtes ; si courtes qu’elles sont parfois vendues avec un short ou un bloomer (on reste dans l’enfance). On est parfois plus dans la robe de plage que dans la robe cocktail d'origine. La ligne de fronces change aussi, elle peut se trouver aux hanches, à la taille ou sous la poitrine et enfin les manches, bouffantes ou non, sont de toutes les longueurs. On a élargi le champ des possibles.

Pour les grossesses, je ne pense pas trouver solution plus rentable. La babydoll se porte dans tous les états, enceinte ou non, vous allez pouvoir la ressortir les saisons suivantes et c’est ce qu’on aime. La robe que je me suis faite pour le mariage est chaude, elle sera parfaite pour la rentrée et pour cet hiver, mais je dois m’en faire au moins une autre pour cet été. Je vous partagerai mon patronage original avec plaisir.


Références :

  • Arizzoli, Pierre / Arzalluz, Miriam / Cerrillo Rubio, Lourdes / Jouve, Marie-Andrée. Balenciaga : Cristóbal Balenciaga museoa. Éditions du Regard, 2011.