Les couches lavables Candy Crush

Vous avez pu apercevoir sur Facebook et Instagram que j’avais entrepris la réalisation de couches lavables. Je vous présente aujourd’hui le résultat et le pourquoi du comment de ce choix. Faire des couches TE3, c’est-à-dire Tout En 3 (trois parties détachables), est un projet technique bien loin des robes de soirées et autres créations auquelles, je vous ai habitué et je dois dire que j’ai trouvé cela génial ! [Je ne devrais pas parler au passé, parce que pour le moment, je n’ai fait que la taille S]. Keep calm and follow me.

 Ma collection de petites culottes juste avant l'ajout des systèmes d'attache. 

Ma collection de petites culottes juste avant l'ajout des systèmes d'attache. 

 Couche finie et assemblée.

Couche finie et assemblée.

Pourquoi les couches lavables ?

En tout premier lieu, parce que cela a piqué ma curiosité. J’ai tout de suite voulu savoir comment c’était fait et si cela « valait le coup ». Au-delà du challenge, l’argument qui m’a encouragé est celui de la santé. En choisissant des matériaux de qualité (certifié, de préférence), je m’assure de ce que je mets sur les fesses de mon enfant. Ensuite viennent les questions budgétaires et écologiques. Un bébé coûtera en moyenne 1500€ de couches jetables et générera 1 tonne de déchets d’ici à ce qu’il soit propre. Le coût des couches lavable à l’achat, si on prend la marque la plus chère du marché, c’est deux fois moins d’investissement. Quand j’aurai fini les miennes, j’aurai dépensé 300€ et je pourrait les revendre, qui dit mieux ?

Quand j’ai commencé à penser aux couches lavables, j’ai fait de la recherche sur le sujet en comparant les concepts (il y a beaucoup de concurrence). J’ai fouillé pendant deux mois de façon obsessionnelle, à l'affût de la moindre information. Les performances et l’entretient pour commencer ; puis les matières, les détails techniques et l’ergonomie. Si vous n’aviez jamais entendu parler de ce « retour aux sources » vers la couche lavable, voici quelques modèles disponibles sur le marché.

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  • Culotte en laine mérinos, avec le lange traditionnel, pour les puristes.
  • Les évolutives à pressions, les plus courantes.
  • Les 100% bio au naturel.
  • Les scratchés devant versus les scratchés dans le dos.
  • Les TE1, les TE2 et les TE3 (comprendre « Tout En 1 » …)

J’en ai éliminé une grande partie très vite, parce que selon moi, ça ne répondait pas aux besoins "d'efficacité" actuels. L'entretien, la mise en place sur bébé, l'esthétisme, posent souvent de sérieux problèmes. Pour faire un choix sans essais préalables, voici une méthode qui a fait ses preuves : Lorsque vous vous interrogez sur un « objet commercial » ou un sujet précis, demandez-vous toujours, quel est le leader du marché et pourquoi. Dans le cas de la couche, je suis donc partie dans l’idée de trouver une Pampers lavable !

Au-delà de l’absorption qui va être difficile à égaler, les Pampers ont des barrières antifuites très connues, la taille basse avec une collerette qui remonte sur le ventre, des attaches ré-ajustables, une souplesse qui permet au bébé de bouger facilement et un rendu petit popotin facile à habiller. Maintenant qu’on a la clef du succès, partons à la recherche de l’oiseau rare.

L’option choisie

Je me suis vite décidée pour les Tout En 3 en raison de l’économie de lavage et de leur aspect culotte en tissu. Entièrement démontable, on ne lave que ce qui est souillé, les autres éléments sont réutilisables. Habitant dans un pays où faire sécher du linge est difficile, ça compte beaucoup ! Par-dessus tout, ce sont les seules couches qui s’approchent des qualités techniques d’une Pampers. Le petit bémol, c’est que lorsqu’on envisage de les faire, ça implique de regrouper pas mal de matériaux et accessoires différents, une vraie mission. C’est pour cette raison que j’ai renoncé à vous partager le patronage. Cela m’a pris trois mois de regrouper les matériaux, de designer un modèle, des prototypes et de coudre la taille S [je suis un peu pointilleuse, je vous l’accorde]. Le tuto que je devrais fournir ne serait pas raisonnable à faire et à suivre, c’est trop technique et fastidieux. Mais je tenais tout de même à vous apporter mes conseils et montrer que c’était réalisable (elles sont simplifiables, c’est le premier jet après tout). C’est l’occasion de prouver qu’il est possible d’avoir des TE3 faites maison. D'ailleurs, si vous passez par ici et que vous en avez réalisé, partagez vos créations dans les commentaires.

Liste des fournitures

Il n'y a pas de tuto à la clef ici, mais vous en trouverez, tous styles confondus, sur la toile. Je suis tombée sur plusieurs blogs de mamans ayant fait leurs propres couches et patron, mais les tissus choisis sont souvent peu adaptés. Sachez que dans la majorité de tissus, il y a beaucoup de produits chimiques. Si vous ne vous attardez pas sur le choix des matériaux, vous perdez l'atout santé des couches lavables, car vous aurez des perturbateurs endocriniens (les fameux !). Alors pour vous encourager et vous faciliter la tâche, je vous propose ma sélection personnelle.

  • Pour la culotte, il vous faudra du « maillot de bain » ou du jersey de nylon (polyamide). Le mieux est encore d’opter pour du jersey microfibre ou encore du jersey de coton si votre climat le permet (attention, ça sèche plus lentement que le synthétique). Quoi qu’il en soit, choisissez un tissu de moins de 170 gr/m2, avec au minimum 20% de spandex.
  • Pour la barrière anti-fuite étanche, vous aurez besoin de PUL (pour quasiment toutes les sortes de couches lavables d’ailleurs). Il faut que ce polyuréthane soit très fin, souple et respirant, pour être confortable et sain. Celui que j’ai trouvé en Angleterre est parfait, c’est du PUL waterproof 1mm de la marque Prosoft certifié CPSIA. C’est le meilleur du marché.
  • Pour les absorbants, c’est votre choix. Pour information j’ai opté pour un tissu canadien de marque déposée. C’est du Zorb 2nd Gen, qui se présente en un tissu épais alvéolé ; les faces extérieures sont en coton et bambou bio, qui prennent en sandwich des microfibres. Elles peuvent absorber 10 fois leur poids en 2 secondes et ont une efficacité 3 fois supérieure à celle d’un insert en microfibres. J’espère que cette promesse sera tenue !
  • En mercerie il vous faudra du ruban auto-agrippant, du ruban pression, du fil et de l’élastique très souple.

L'aventure ne fait que commencer, il faut les éprouver sur un bébé maintenant ! Si vous avez des questions sur les couches lavables en général ou besoin de conseils supplémentaires pour en fabriquer, laisser un commentaire ou envoyez moi un message, je répondrais au mieux.