Les couches lavables Candy Crush

Vous avez pu apercevoir sur Facebook et Instagram que j’avais entrepris la réalisation de couches lavables. Je vous présente aujourd’hui le résultat et le pourquoi du comment de ce choix. Faire des couches TE3, c’est-à-dire Tout En 3 (trois parties détachables), est un projet technique bien loin des robes de soirées et autres créations auquelles, je vous ai habitué et je dois dire que j’ai trouvé cela génial ! [Je ne devrais pas parler au passé, parce que pour le moment, je n’ai fait que la taille S]. Keep calm and follow me.

 Ma collection de petites culottes juste avant l'ajout des systèmes d'attache. 

Ma collection de petites culottes juste avant l'ajout des systèmes d'attache. 

 Couche finie et assemblée.

Couche finie et assemblée.

Pourquoi les couches lavables ?

En tout premier lieu, parce que cela a piqué ma curiosité. J’ai tout de suite voulu savoir comment c’était fait et si cela « valait le coup ». Au-delà du challenge, l’argument qui m’a encouragé est celui de la santé. En choisissant des matériaux de qualité (certifié, de préférence), je m’assure de ce que je mets sur les fesses de mon enfant. Ensuite viennent les questions budgétaires et écologiques. Un bébé coûtera en moyenne 1500€ de couches jetables et générera 1 tonne de déchets d’ici à ce qu’il soit propre. Le coût des couches lavable à l’achat, si on prend la marque la plus chère du marché, c’est deux fois moins d’investissement. Quand j’aurai fini les miennes, j’aurai dépensé 300€ et je pourrait les revendre, qui dit mieux ?

Quand j’ai commencé à penser aux couches lavables, j’ai fait de la recherche sur le sujet en comparant les concepts (il y a beaucoup de concurrence). J’ai fouillé pendant deux mois de façon obsessionnelle, à l'affût de la moindre information. Les performances et l’entretient pour commencer ; puis les matières, les détails techniques et l’ergonomie. Si vous n’aviez jamais entendu parler de ce « retour aux sources » vers la couche lavable, voici quelques modèles disponibles sur le marché.

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  • Culotte en laine mérinos, avec le lange traditionnel, pour les puristes.
  • Les évolutives à pressions, les plus courantes.
  • Les 100% bio au naturel.
  • Les scratchés devant versus les scratchés dans le dos.
  • Les TE1, les TE2 et les TE3 (comprendre « Tout En 1 » …)

J’en ai éliminé une grande partie très vite, parce que selon moi, ça ne répondait pas aux besoins "d'efficacité" actuels. L'entretien, la mise en place sur bébé, l'esthétisme, posent souvent de sérieux problèmes. Pour faire un choix sans essais préalables, voici une méthode qui a fait ses preuves : Lorsque vous vous interrogez sur un « objet commercial » ou un sujet précis, demandez-vous toujours, quel est le leader du marché et pourquoi. Dans le cas de la couche, je suis donc partie dans l’idée de trouver une Pampers lavable !

Au-delà de l’absorption qui va être difficile à égaler, les Pampers ont des barrières antifuites très connues, la taille basse avec une collerette qui remonte sur le ventre, des attaches ré-ajustables, une souplesse qui permet au bébé de bouger facilement et un rendu petit popotin facile à habiller. Maintenant qu’on a la clef du succès, partons à la recherche de l’oiseau rare.

L’option choisie

Je me suis vite décidée pour les Tout En 3 en raison de l’économie de lavage et de leur aspect culotte en tissu. Entièrement démontable, on ne lave que ce qui est souillé, les autres éléments sont réutilisables. Habitant dans un pays où faire sécher du linge est difficile, ça compte beaucoup ! Par-dessus tout, ce sont les seules couches qui s’approchent des qualités techniques d’une Pampers. Le petit bémol, c’est que lorsqu’on envisage de les faire, ça implique de regrouper pas mal de matériaux et accessoires différents, une vraie mission. C’est pour cette raison que j’ai renoncé à vous partager le patronage. Cela m’a pris trois mois de regrouper les matériaux, de designer un modèle, des prototypes et de coudre la taille S [je suis un peu pointilleuse, je vous l’accorde]. Le tuto que je devrais fournir ne serait pas raisonnable à faire et à suivre, c’est trop technique et fastidieux. Mais je tenais tout de même à vous apporter mes conseils et montrer que c’était réalisable (elles sont simplifiables, c’est le premier jet après tout). C’est l’occasion de prouver qu’il est possible d’avoir des TE3 faites maison. D'ailleurs, si vous passez par ici et que vous en avez réalisé, partagez vos créations dans les commentaires.

Liste des fournitures

Il n'y a pas de tuto à la clef ici, mais vous en trouverez, tous styles confondus, sur la toile. Je suis tombée sur plusieurs blogs de mamans ayant fait leurs propres couches et patron, mais les tissus choisis sont souvent peu adaptés. Sachez que dans la majorité de tissus, il y a beaucoup de produits chimiques. Si vous ne vous attardez pas sur le choix des matériaux, vous perdez l'atout santé des couches lavables, car vous aurez des perturbateurs endocriniens (les fameux !). Alors pour vous encourager et vous faciliter la tâche, je vous propose ma sélection personnelle.

  • Pour la culotte, il vous faudra du « maillot de bain » ou du jersey de nylon (polyamide). Le mieux est encore d’opter pour du jersey microfibre ou encore du jersey de coton si votre climat le permet (attention, ça sèche plus lentement que le synthétique). Quoi qu’il en soit, choisissez un tissu de moins de 170 gr/m2, avec au minimum 20% de spandex.
  • Pour la barrière anti-fuite étanche, vous aurez besoin de PUL (pour quasiment toutes les sortes de couches lavables d’ailleurs). Il faut que ce polyuréthane soit très fin, souple et respirant, pour être confortable et sain. Celui que j’ai trouvé en Angleterre est parfait, c’est du PUL waterproof 1mm de la marque Prosoft certifié CPSIA. C’est le meilleur du marché.
  • Pour les absorbants, c’est votre choix. Pour information j’ai opté pour un tissu canadien de marque déposée. C’est du Zorb 2nd Gen, qui se présente en un tissu épais alvéolé ; les faces extérieures sont en coton et bambou bio, qui prennent en sandwich des microfibres. Elles peuvent absorber 10 fois leur poids en 2 secondes et ont une efficacité 3 fois supérieure à celle d’un insert en microfibres. J’espère que cette promesse sera tenue !
  • En mercerie il vous faudra du ruban auto-agrippant, du ruban pression, du fil et de l’élastique très souple.

L'aventure ne fait que commencer, il faut les éprouver sur un bébé maintenant ! Si vous avez des questions sur les couches lavables en général ou besoin de conseils supplémentaires pour en fabriquer, laisser un commentaire ou envoyez moi un message, je répondrais au mieux.

Salopette VS Combinaison : Le Fight

Vous allez vite vous apercevoir [si ce n’est pas déjà le cas], que je fais une petite « fixette » sur les robes et les combinaisons. Je trouve que ces deux pièces ont comme qualité commune, qu’elles se suffisent à elles-mêmes. Il n'y a pas besoin d’assortir un haut et un bas, des couleurs ou des matières, c’est l’idéal, non ? Fermons cette parenthèse stylistique, que nous étudierons plus tard et venons-en à notre sujet du jour : L’origine et l’usage des salopettes et des combinaisons. De l’industrie à nos dressings, nous allons voir les nombreux points communs entre ces deux vêtements incontournables que l’on porte depuis l’enfance.

Retour sur l'histoire

Cocorico ! La salopette est une invention française de Louis Lafont. En 1844, il réalise pour son beau-père charpentier, un pantalon large, le « Largeot », possédant à la ceinture une poche à outils. Fort de ce succès, il créer son entreprise de conception de vêtements de travail et c’est en 1896 que son petit-fils améliore le Largeot si finement, qu’il en déposa un brevet, le premier de son genre. La salopette est née ou plutôt la cotte de travail 406, selon son inventeur. Vous vous demandez peut-être pourquoi elle porte un nom aussi étrange. Ce sont les ouvriers eux-mêmes, qui le lui ont donné, soucieux de ne pas « saloper » (salir en argot) leurs vêtements de ville.

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L’invention de la combinaison, quant à elle, est plus ancienne et plus floue. C’est un vêtement intégral, avec des manches longues, fait pour protéger tout le corps, contrairement à la salopette, plus légère avec ses bretelles qui laissent libre le mouvement des bras. Si la piste de la création de la combinaison de travail n’est pas clair, nous pouvons en revanche retracer l’histoire de la plus mythique : Le bleu de travail.

« La couleur fut découverte accidentellement entre 1704 et 1707, à Berlin, par le fabricant de couleurs Johann Jacob Diesbach. À l’époque, l’usage du bleu foncé était encadré par des lois sur le commerce. Étant difficile à produire et à fixer, son utilisation était loin d’être économique. La composition du bleu de Prusse, ce pigment bleu très profond, fut longtemps gardée jalousement à cause de son faible coût de fabrication. C’est cette dernière raison qui explique son utilisation massive pour la production des premiers vêtements de travail. La couleur bleue est devenue le symbole du vêtement de travail allant jusqu’à lui donner son nom. » ["Du bleu de travail aux vêtements professionnels"]

C’est grâce au bleu de travail que la salopette est elle aussi traditionnellement bleue, c’est la couleur des pros. Ces vêtements sont dans notre inconscient à tous et de célèbres affiches publicitaires ont contribué à cela.

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Rosie la riveteuse

Rosie the Riveter, dans ça version originale. Cette affiche de propagande très populaire, illustre le rôle qu'ont joué les femmes américaines, dans l'industrie de l’armement, durant la seconde guerre mondiale.

Plus populaire maintenant qu’à l’époque, elle est désormais une icone féministe. L'affiche est régulièrement détournée pour affirmer l'importance économique que peuvent jouer les femmes dans la société. Et que porte-t-elle ? Un bleu de travail bien sûr. Le "tablier", une fois mis, n'a jamais été raccroché.

De nos jours

Les cottes de travail ont fait du chemin depuis leur création. Vêtements destinés aux ouvriers, ils sont taillés pour les hommes. Mais quand les hommes sont au front et que les femmes prennent leur place à l’usine, elles entrent aussi dans leur costume. Il est d’ailleurs si confortable, qu’elles vont le faire rentrer dans leur garde-robe du quotidien. Ce n’est d'ailleurs ni la première, ni la dernière fois que les femmes empruntent aux hommes un vêtement, sans intention de le rendre. Dixit les chaussures à talons, le pantalon, la marinière ou le tailleur. L'inverse est plus rare...

1975 à Lyon. La salopette connait un succès croissant et régulier depuis sa création. La mode est aux couleurs vives, et les équipes de Lafont ont l’idée de moderniser le modèle. Pas de changement de patron, mais une déclinaison de couleurs chatoyantes. […] Lafont fait notamment la couverture du magazine Vogue. Elle envahit les placards des modeuses, puis les rues. […] C’est à cette même époque que Levi’s invente la salopette à ceinture en denim : le waist overall. En 1976, Agnès B. créé la première salopette blanche plus ajustée à destination du grand public. Depuis, tous les créateurs et marques de mode ont réinterprété la salopette. [La salopette : Un vêtement de travail?]

Dans les années 70’s, la combinaison aussi connait un franc succès. Des deux modèles, c’est celui qui à le plus évolué. La salopette, malgré quelques exceptions, est restée dans un univers décontracté, elle est encore très associée au travail, aux enfants ou aux femmes enceintes. La combi est devenue chic, elle a su prendre de plus en de place depuis les années 2000 et elle explose depuis 5 ans. Elle marche sur les plates-bandes de « la petite robe noire », du tailleur et même de la robe de mariée. Son succès, ainsi que son infini variété, est selon moi, en partie dû à l’exploitation du modèle dans domaines technique faisant rêver. La combinaison n’est pas restée dans l’industrie, elle a habillé les aviateurs.trices et les cosmonautes. Elle est donc passée du vêtement de travail, à l’uniforme, qui évoque la sophistication. 

Je ne dis pas qu’on est dans le désir conscient ou non, d’appartenir à ce cercle d’explorateurs.trices dès qu’on enfile une combi. Mais l’histoire de la haute couture, nous montre que l’uniforme, les domaines de pointes et les innovations dans les matériaux, ont inspiré bon nombre de stylistes, qui ont aidés à populariser des modèles, dont la combinaison.

Pour en savoir plus sur l'histoire de la salopette et du bleu de travail, je vous invite à visiter le blog du site Lafont. Pour en savoir d'avantage sur les petites et grandes histoires du design de mode, je vous invite à suivre et partager ce blog !

Et vous, vous êtes plutôt salopette ou combinaison ?


Références et citations :

  • Leader sur le marché du vêtement professionnel. (2018). La salopette : Un vêtement de travail? - Lafont. [online] Available at: https://www.a-lafont.com/blog/focus-sur/la-salopette-un-vetement-de-travail/ [Accessed 3 Aug. 2018].
  • Leader sur le marché du vêtement professionnel. (2018). Du bleu de travail aux vêtements professionnels - Lafont. [online] Available at: https://www.a-lafont.com/blog/focus-sur/bleu-de-travail-vetements-professionnels/ [Accessed 3 Aug. 2018].
  • Fr.wikipedia.org. (2018). Rosie the Riveter. [online] Available at: https://fr.wikipedia.org/wiki/Rosie_the_Riveter [Accessed 3 Aug. 2018].

Les soldes, un bon plan pour faire le tri

En ce début d’été 2018, j’avais le choix entre deux sujets d’article : La coupe du monde de football OU les soldes. Même si je suis quelques matchs, je reste plus active et connaisseuse sur le deuxième terrain. Alors les promotions de façon générale, on adore ça ; même si, je ne suis pas sûre qu’on maîtrise notre comportement dans ces moments-là. Toutes ces pancartes rouges déclenchent quelque chose en nous, c’est irrésistible. Est-ce que je vais essayer de vous dissuadez de faire les soldes ? Je ne crois pas et ce n’est pas mon but d’ailleurs. Parce qu’un consommateur éclairé fait de meilleurs choix. L’idée est surtout de comprendre les enjeux et de repérer les vrais bons plans.

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Les soldes c’est quoi ? Les soldes sont des promotions bi-annuelles, réglementés par la loi, les dates sont choisies par l’état chaque année. Le but initial étant d’autoriser les magasins à écouler leur fin de stock, jusqu’à perte s’il le faut, afin de repartir à vide pour l’implantation d’une nouvelle collection. Inventé il y a plus d’un siècle pour les Grands Magasins parisiens (le prêt-à-porter n’existant pas encore sous la forme de chaines), ce sont quasiment les seuls promotions en vigueur jusqu’à la fin des années 90’s.

Les soldes font beaucoup parler d’eux et depuis plusieurs années maintenant, ils sont très critiqués. On peut entendre que « ce n’est plus ce que c’était ». Les commerçants se plaignent que les clients n’achètent plus, mais on en parle surtout pour les scandales d’arnaques en tout genres, qui entachent la filière textile.

Les soldes, c’était un business qui fonctionnait bien, qu’est ce qui a changé ? La concurrence est rude dans le secteur de l’habillement et comme expliqué dans l’article sur le fast fashion, les règles du jeu ont changé. On peut divisez le marché du prêt-à-porter en trois catégories :

  • Vous avez d’un côté, les gros groupes de mass-market qui vendent de grandes quantités à bas prix.
  • Les grosses enseignes de moyenne gamme et haut de gamme, présentées en showroom, avec « peu » de stock et des prix très variables.
  • Puis enfin les indépendants, les créateurs, les concept stores, qui n’ont pas la même visibilité que les deux premiers, avec des prix également très variables.

La première catégorie, je ne vais pas y revenir. On sait qu’à choisir, il vaut mieux s’habiller ailleurs, pour le respect du travail de tous et de l’environnement. Cela dit, on peut considérer que le matraquage marketing de ces enseignes, a en partie contribuer à l’émergence d’un phénomène bien étrange : Les soldes permanents !

Ce qu’on ne dit pas dans les enquêtes sur les soldes :

Le calendrier est bien tenu, il y a en moyenne une offre commerciale toutes les six semaines dans le prêt-à-porter. Cela a commencé dans les magasins de gamme moyenne et s’est propagé en quelques années jusqu’au enseignes haut de gamme. On les connait sous différents noms, les ventes privées (qui ne le sont plus vraiment), les black Friday, les « promotions exceptionnelles » et j’en passe. Dans ces conditions plus personne ne veut acheter hors promotions. On est d’ailleurs en droit de se demander, comment font les enseignes pour continuer de subsister.

Voyant l’engouement des clients pour les remises, les enseignes haut de gamme ont voulu utiliser les promotions, non plus pour liquider les fins de stocks, mais pour accroitre leur chiffre d’affaire. Pour cela elles jouent sur deux leviers : Faire baisser la qualité d’une partie de leurs articles ET augmenter année après année le prix de base des vêtements (bien au-delà de l’inflation). L’idée est de faire croire au consommateur qu’il fait de bonnes affaires, alors qu’en réalité, certaines marques d’envergure nationale et internationale se surcotent. Dès lors, on est en droit de penser que l’achat à –30% se rapproches du vrai rapport qualité/prix d’un article.

La variabilité permanente des prix donne au consommateur le sentiment que le prix ne traduit plus la valeur réelle de la marchandise mais un prix aléatoire, donc contestable et source de méfiance vis-à-vis de l'offre. Dès lors, la promotion peut apparaître comme révélant la valeur réelle du produit et non plus comme une véritable remise. [Concertation sur les soldes, page 13]

Les groupes de prêt-à-porter possèdent plusieurs marques, ils ont souvent différentes gammes dans leur éventail. Faire une collection coûte chère, designer ça prend du temps, alors il est fréquent de retrouver des vêtements très similaires d’une boutique à l’autre avec des prix allant du simple au double. Dans cet exemple, on parle bien d’article de même qualité, qui nous sont vendus comme étant de gamme différente. Cela donne une idée de ce que peut nous faire acheter une image de marque bien ficelée.

Dernière astuce, peu connue, puisque complètement illégale (contrairement au deux autres qui étaient juste malhonnêtes !). La fabrication de nouveaux vêtements, spécialement créés pour les soldes. Il faut savoir, qu’il est interdit de vendre à prix réduit une référence d'article ayant moins d’un mois sur une surface de vente. Pourtant on peut voir de nouvelles pièces faire leur apparition ; reproduisant des vêtements de la collection, mais dans une qualité inférieure. C’est assez facile à identifier, les vêtements semblent super sympas et il reste toujours notre taille, quelle aubaine !

Le retour de flamme :

Tout le monde trinque un peu, mais pas pour les mêmes raisons. Ceux qui s’en sortent très bien sont les marques à la mode chez les fashionistas, entre autres : BA&SH, Sandro, Zadig et Voltaire, puis en moins côté, H&M et Primark. Les prix sont parfois aberrant au vu de la qualité, mais c’est tendance, que voulez-vous ! Les autres marques et groupes textiles connus, mais moins « IN » se font successivement racheter et/ou subissent des redressements judiciaires et des plans économiques. Ils se sont fait avoir à leur propre jeu de dupe [sans oublier qu'il y a bien plus d'offres que de demandes]. Plutôt que de garder une qualité constante dans le design et la production, ils sont préférés augmenter leurs profits sur notre dos. Le problème est qu’on s’en est rendu compte.

Les enseignes multi-marques, les petits commerçant et les créateurs, quant à eux, n’ont pas les fonds nécessaires pour vendre à perte. Ce ne sont pas des firmes qui se font 40% de leur chiffre d’affaire annuel en période de promotions. Ce qui les fait souffrir, ce sont les consommateurs qui désertent leur boutique, les clients dépensent toute l'année dans les grands magasins et ne comprennent pas pourquoi l'ensemble des commerçants ne font pas « l’effort » de faire plus d’offre commerciales. D'un autre côté, les dates même des soldes leur pose problème. Ils arrivent au début de la saison qu'ils sont sensés déstocker.    

Les soldes ont vocation à permettre un écoulement des stocks à la fin de la saison [...]. Ces commerçants souhaitent donc logiquement retarder les soldes, car aujourd’hui ceux-ci démarrent au début de la saison climatique, au moment où les clients adaptent leur garde-robe au changement de saison. Cela les conduit à sacrifier une partie de leurs marges commerciales…Etc. [Concertation sur les soldes, page 18]

Alors on achète quoi ? 

Dans ces conditions, il est difficile de juger, ce qui constitue un bon achat. Les soldes pourraient bien être un allié de taille pour repérer les enseignes et les articles qui valent le coup.

  • Les marques ne soldant pas ou peu et ne pratiquant pas la surenchère des promotions, vendent du luxe OU sont honnêtes. Des vêtements labellisés, fait dans de bonnes conditions et à des prix accessibles (autant que possible), ne pourront pas faire plus de 20% de réduction [exceptionnellement 30%]. Avec eux, acheter hors promotions ne nous coûte pas plus chère. Prenons l’exemple de Paul Marius, en maroquinerie, il fait du made in France et ne participe pas aux soldes, car ses prix sont très justes.
  • On peut repérer les magasins qui jouent le jeu, en implantant sur la surface de vente des articles actuels, qui ne datent pas d’il y a cinq ans.
  • N’achetez pas des articles soldés à plus de 70%. Il y a forcément un problème, dans la coupe, la matière, le rapport qualité/prix. Parfois c’est de bonne qualité, mais c’est qu’il s’agit d’un vêtement « hors sujet » par rapport à la clientèle du magasin. Trop extravagant par exemple. Cela reste rare, ceci dit, allez jeter un œil c’est peut-être pour vous !
  • Achetez en promos lorsque vous faites du shopping dans des enseignes connues. N’achetez plus plein tarif un vêtement moyenne gamme ou haut de gamme, si vous n’êtes pas un habitué de la qualité de cette marque. Evidemment quand on a un coup de cœur, on ne prend pas de risque de passer à côté, mais sinon, jouez le jeu des enseignes. Personne ne leur a imposé les démarques toute l’année, il ne faut pas venir se plaindre.

Pour conclure, je dirais qu’au vu des lois du marché actuel, acheter en promotions un vêtement, c’est souvent se rapprocher de la vérité. Donc faire les soldes, oui, mais assurez-vous de ne pas vous éloigner de vos objectifs, vous risqueriez de ne pas tout porter et ça annulerait une partie des économies réalisées, c'est quand même un des but ! Faites surtout un tour dans les petites rues des centres-villes, vous allez tomber sur des boutiques avec des marques plus confidentielles, qui ont un beau projet esthétique, artisanal et éthique. Ce sont eux qui font vivre le savoir-faire, il faut les soutenir si on veut continuer à produire et promouvoir la french touch.

Bon shopping !


Références et citations :

  • Le portail des ministères économiques et financiers. (2018). Soldes : ce que vous devez savoir. [online] Available at :

https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/consommation/Pratiques-commerciales/Soldes [Accessed 8 Jul. 2018].

  • Concertation sur les soldes (oct. 2017). [PDF online] Available at :

 https://www.economie.gouv.fr/files/files/PDF/2018/Rapport_public_concertation_soldes.pdf [Accessed 8 Jul. 2018]. 

Cool attitude en salopette molletonée

Je n'en peux plus ! Porter des robes quand on est enceinte, cela permet de capitaliser sur notre dressing, mais ça va bien un temps. J'ai comme l'envie de porter un vêtement cool qui me laisse libre de tous mes mouvements. Alors sans hésiter, je suis retournée à un grand classique de ma garde-robe : La combinaison. Ou plutôt la salopette spéciale gros bidon et sans élastique ou fermeture, on est sur une version short en jersey molletonné doublé jersey. Cela peut paraître un peu chaud, mais ce n’est pas le cas, j'ai choisi des jerseys fins dans mon stock de tissu sans fond et finalement peu de matière couvre mon corps sur ce modèle. Le tissu reste un choix très personnel finalement, elle serait très agréable en lin ou en gaze de coton pour les sudistes. 

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Cette salopette conviendra aux femmes enceintes faisant une taille 2 équivalent M/L ou 38 /40/42 (les modèles qui n'ont pas de pinces et qui sont looses, vont à plus de tailles), pour un ventre de début du 7ème mois de grossesse, jusqu'au terme. Pour information, mon ventre fait actuellement 98cm de circonférence et j'ai de la place ! Pour un plus petit ventre, ça risque de pocher.

Fournitures 

  • 1,5 m de jersey molleton fin (ou tout autre matière).
  • 1,5 m de jersey à rayures ou non (ou tout autre matière). Si vous partez pour du plus léger, comme du lin, ne doublez pas l'intégralité de la combinaison. Doublez uniquement le haut et faites un ourlet classique au short. [voir les repères sur le patronage]
  • Une bobine de fil accordée à votre tissu + une bobine de couleur pour les surpiqûres.
  • Une aiguille spéciale stretch.
  • Le patronage de la "Salopette BALLON" [Ventre rond] --->>> ICI
  • Le patronage de la "Salopette BALLON" [Ventre "plat"] --->>> ICI
  • Tout votre nécessaire à couture.

Rentrons dans le vif du sujet ! Elle n'est pas compliquée à réaliser, il n'y a rien de technique. En revanche cela prend une journée de couture, parce qu'il y a de nombreuses surpiqûres.

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1 _ On commence par assembler endroit contre endroit, les milieux devant et dos de la doublure et du dessus, à 1cm du bord. 

Tous les principaux assemblages sont à 1cm du bord, je préciserais quand ce ne sera pas le cas.

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2 _ Assembler les fonds de poches devant avec le devant, endroit contre endroit, entre les crans.

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3 _ Surpiquer l'assemblage à 7mm.

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4 _ Préformer les poches plaquées à l'aide d'un fer à repasser et d'un gabarie (découpe dans un carton fin, le patron de la poche, à savoir : La poche, mais sans les valeurs de couture).

Surfiler le haut de la poche, si le tissu est épais.

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5 _ [Fil de couleur] Remplisser le haut de la poche (plier et coudre le haut) à 3cm du bord. Si le tissu est fin, faites un ourlet. Surpiquer à 3mm au dessus de la piqûre de rempli. 

6 _ Épingler et plaquer les poches à 3mm du bord, en suivant les reperds du patronage.

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7 _ Assembler les côtés de la combinaison, endroit contre endroit. La valeur de couture des fonds de poches est de 5mm, le reste de l'assemblage à 1cm.

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8 _ Assembler l'entre jambe, endroit contre endroit, en ouvrant les coutures pour éviter les surépaisseurs. 

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9 _ [Fil de couleur] Surpiquer à 3mm du bord, de part et d'autre des assemblages milieu devant, milieu dos et entre jambe, en ouvrant les coutures.

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10 _ [Fil de couleur] Surpiquer à 3mm du bord, l'assemblage des côtés, coutures couchées vers le devant. Laisser l'ouverture des poches.

11 _ [Fil de couleur] Faire des points d'arrêt (en point zigzag serré) d'une longueur de 7mm, pour consolider les ouvertures de poche. NB : faire des essais préalables sur un chute.

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12 _ Assembler les côtés de la doublure, endroit contre endroit, en laissant une fente sur un côté. Assembler également l'entre jambe.

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13 _ Assembler le haut de la salopette, la doublure et le dessus, endroit contre endroit. 

14 _ Cranter les arrondis des dessous de bras et encolures ainsi que les pointes des bretelles. Puis retourner sur l'endroit.

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On veut désormais assembler le bas du short de la combinaison. Comme indiqué sur le patronage, la doublure est plus courte que le dessus, vous l'avez coupé au niveau des pointillés. 

15 _ Sur l'endroit, passer la main dans la fente de la doublure et aller chercher le bas du short en pinçant les deux tissus ensemble. Retourner sur l'envers la salopette en passant par la fente. NB : Ne pas lâcher les deux tissus du short, épingler les pour ne pas perdre vos repères.

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Ici on peut voir à quoi ressemble notre travail sur l'envers. Les flèches jaunes montrent l'assemblage du bas du short, nous avons d'un côté le dessus et de l'autre la doublure.

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16 _ Remettre la combinaison sur l'endroit, puis faire la même opération pour l'autre jambe du short. 

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17 _ [fil de couleur] Surpiquer le bas du short à 3cm du bord.  Surpiquer en une seule fois tout le haut de la salopette à 3mm du bord, en partant du dessous du bras gauche, au niveau de l'assemblage. 

18 _ Fermer la fente dans la doublure et couper tous les fils. Pour ce qui est des nœuds sur les épaules, faites les lors de l'essayage.

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On est paré pour de belles journées estivales de détente absolue. J'espère que cette petite combi/salopette vous a plu, le patronage est désormais disponible pour les ventres "plats". La salopette pour toutes ! Faites en profiter votre entourage, en partageant ce tutoriel illustré.

Moi je retourne prendre le soleil du Nord.

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vêtement de qualité : 15 critères de choix

Par où commencer dans cette jungle de détails ? Si seulement le prix suffisait pour s’y retrouver, ce serait plus simple, n’est-ce pas ? Reconnaître la qualité d’un vêtement est un vaste sujet, on va donc procéder par étape. Pour ce premier chapitre, nous allons nous attarder sur des éléments qui « sautent aux yeux ». Des conseils et des détails faciles à contrôler, pour faire des achats plus sereins. Dans les prochains épisodes, on s’attardera sur les matières, les fibres, les étiquettes, la provenance et les détails de confection. Vous allez être des pros !

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Guide pratique du vêtement de qualité :

 

  • Toucher les vêtements. Si vous n’aimez pas la sensation sous vos doigts, si ça se froisse d’un geste ou si de l’encre vous colore la main, n’insistez pas. Même si le modèle peut-être à votre goût et bien réalisé dans son ensemble, on résiste!

  • Essayer avant d’acheter. Ça parait évident, c’est le meilleur moyen de se rendre compte de la qualité. Il faut se sentir bien, que le vêtement se place sans faire de plis étranges aux bras, à la poitrine ou à l’entre-jambe. 

  • Les coutures doivent êtres droites et régulières. C’est toujours intéressant de retourner un vêtement pour voir les finitions et les assemblages. On peut regarder si l’ourlet fait des vagues, les surpiqûre sont parallèles, si les pièces sont assemblées bord à bord ou encore si la longueur du point n'est pas trop grande (coutures fragiles)

  • La teinture d’un tissu doit être uniforme et « intense ». Privilégier les vêtements dont la fibre a été teinté avant le tissage. Il suffit de tirer sur le tissu dans le biais, si le tissu s’éclaircit ou si du blanc apparaît entre la trame, la couleur va se ternir très vite. 

  • De même pour les imprimés, qui eux se font après tissage. Il faut que l’encre ait pénétré le tissu pour durer. Sur des voiles et matières fines, l’imprimé sera pratiquement aussi intense sur l’endroit que sur l’envers. 

  • Un vêtement épluché est un vêtement contrôlé ! Éplucher un vêtement, c’est lui couper tous les fils qui dépassent. Vous avez déjà regardé des vidéos de blogueuses mode ? Elles sont toutes scandalisées par les fils non coupés, alors qu’elles achètent des chiffons à 10€ ; disant avec une grande candeur : Ça ne coûte pas plus cher de couper des fils. Et bien si ! C’est du temps passé à contrôler un travail bien fait et le temps c’est de l’argent. 

  • Les motifs doivent se correspondre aux coutures. Un vêtement qui a un tissu à motif régulier (des rayures, des carreaux, certain jacquard géométrique, voir des tissus à grosses fleurs) se doit d’avoir des raccords au niveau des coutures. Il faut s’attarder sur les coutures au milieu dos, sur les côtés et aux ourlets. Ça justifie un prix un peu plus élevé car, il y a de la perte de tissu pour le fabricant et c’est plus long à coudre. Pour nous, consommateurs, c’est surtout un gage de savoir-faire et d’application. 

  • La symétrie des cols et leur tenue sont primordiales. Cela fonctionne pour les poignets ou n’importe quel autre élément en miroir. Cela dit, un col de chemise, un col Claudine ou un col de veste, demande de la technique. Il doit y avoir du thermocollant, pour qu’il tienne droit et ne se déforme pas et il se doit d’être symétrique. Il suffit de superposer les côtés droits et gauches du col pour le vérifier, sinon l’essayage révèle souvent des défauts de longueur et de tombé. 

  • Quand la qualité est là, elle est mise en avant. Un pull en fil d’Ecosse, une chemise en coton d’Egypte ou encore, une robe avec de la dentelle de Calais. Si le fil ou la provenance de la matière est reconnu comme étant de qualité, le fabriquant va le stipuler sur l’étiquette de composition. S’il a parié sur la qualité, il vous le fera savoir. 

  • Les étiquettes de composition et d’entretien doivent être détaillées. C’est-à-dire que l’ensemble des éléments présents sur le vêtement doit être indiqués ; les ganses, les boutons, la doublure et les empiècements (lorsque ils sont d’origine animal notamment). Parfois il n’y a que le tissu principal, si le vendeur vous dit que les finitions sont en cuir et que ce n’est pas indiqué, c’est surement faux. 

  • Un coton mélangé à une fibre synthétique n’est pas recommandable. De plus en plus de chemises et de denims (toiles de jeans) se retrouvent avec 20%, parfois 50% de polyester dans leur compo. Les fibres synthétiques mélangées à des fibres naturelles dans des toiles, n’apportent pas plus de solidité. Elles font juste baisser le prix de fabrication au dépend de la qualité. Cela concerne aussi des marques haut de gamme. Le vêtement peut grisailler avec les lavages et boulocher à l’usage. 

  • Une fibre synthétique mélangée à de la laine ne doit pas excéder 33% dans la composition. La laine est une matière sensible aux changements de chaleur et à l’humidité, elle aura tendance à se déformer. C’est pourquoi on mélange souvent la fibre, mais s’il y en a plus de 33%, on perd les propriétés thermiques et l’aspect s’en fait ressentir. 

  • L’élasthanne ou le Spandex ne doit pas excéder 3% (sauf peut-être pour un maillot de bain et autres vêtements de sport). Sans « stretch » on ne pourrait pas rentrer dans un slim, mais quand il y en a trop, qui plus est dans une toile fine, ça fragilise le tissu aux zones de frottement. 

  • Faites confiance aux labels textiles. Les vêtements et tous ce qui les compose, certifiés GOTS, Oeko-Tex ou Confiance-textile pour les plus connus, vous assurent la qualité de la fibre ou d’un produit textile fini. Les labels tels que WFTO ou Fair Wear Foundation, contrôlent les conditions de travail des ouvriers du secteur à travers le monde. Des sites répertorient les labels et les marques. 

  • Exercer votre œil sur du haut-de-gamme. Si vous avez peur de pousser la porte d’un magasin de luxe, vous pouvez vous rendre aux Galeries Lafayette et flâner entre les différentes marques pour comparer les finitions et la qualité des tissus. Rien de tel pour juger du rapport qualité prix et se rendre compte que parfois, on compare des vêtements similaires à des prix pourtant très différents...

Étiquette de composition d'un manteau, vous pouvez voir que tout y est détaillé. Le reste des informations est au verso .

 

J’aurai pu continuer loooongtemps, mais chaque type de vêtements a des finitions qui lui sont propres. La chemise, les tailleurs, les jeans, le montage d’une ceinture… Etc. C’est pourquoi d’autres articles suivront celui-ci. Tout est normé en fonction de la gamme et ses tissus, c’est un sujet sans inépuisable. Finalement, le plus important est de se demander, ce qui compte vraiment pour vous. Il ne faut pas hésiter à rallonger cette liste avec vos propres critères d'exigence stylistiques et la partager au plus grand nombre.

Dites moi : Qu’est-ce qui vous pose le plus problème lorsque vous faites les boutiques ? On peut chercher des solutions ensemble :)

Pourquoi je conçois des vêtements ?

Le vêtement est le plus petit espace que l’on habite.

On aurait pu penser que j’appellerai cet article : Pourquoi je couds ? Mais ce serait réducteur, finalement, ce n’est qu’une étape parmi un processus de création. Dans cet article je vais évoquer un peu mon parcours, mais surtout, je voudrai m'attarder sur, ce qu'est pour moi, le design de mode.

L’architecture et la mode. En licence, j’avais rédigé quelque chose sur l’influence de la mode dans l’architecture. L’inverse existe tout autant, pas nécessairement au niveau esthétique et matériel, mais dans des problématiques de conception. Dans mon cas, je m’interroge souvent sur les proportions, l’équilibre de la silhouette. Le volume et les jeux de lignes. J’aime particulièrement l’idée de concevoir un vêtement [un objet devant s’adapter à des courbes] uniquement conçu avec des lignes droites. C’est mon côté architecte qui s’exprime, on ne se refait pas ! [Nota Bene : Un ensemble de lignes droites qui donnent un voile courbe, est quelque chose qui poursuivait les architectes dans les années 50’s à 80’s. En géométrie, cela s’appelle un paraboloïde hyperbolique ou "scelle de cheval", pour donner une image]. Je n’étais pas du tout intrigué par ça quand je faisais de l’architecture, mais en couture, c’est mon terrain de jeu préféré. D’ailleurs, depuis que j’ai fini mes études, je ne vois plus et ne conçois plus les vêtements comme avant. Je pousse beaucoup plus loin le souci du détail et mes erreurs me sautent aux yeux. Ce nouveau regard, m'est utile tous les jours.

 Exemple concret d'un paraboloïde-hyperbolique. Restaurant construit en 1966, au Mexique, par l'architecte Felix Candela.

Exemple concret d'un paraboloïde-hyperbolique. Restaurant construit en 1966, au Mexique, par l'architecte Felix Candela.

Peu importe le domaine dans lequel on exerce, s’il faut dessiner, inventer, améliorer un « produit », le processus de création est souvent le même. Les idées, les influences, s’imbriquent les unes dans les autres pour répondre à une problématique. "Les références" ou ce qui nous inspire, se trouve dans tous ce que nous aimons, ainsi que dans ce qui nous intrigue. Les éléments choisis se soutiennent pour former un schéma plus ou moins clair, duquel sort "Le concept". Vous me suivez ? C’est comme un mille-feuille de calque, qui mis en transparence font émerger The Idee. Ce qu’il faut retenir c’est que cela ne naît pas de rien. En couture, cela part régulièrement d’un tissu sur lequel on a flashé. Le problème devenant : "Mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir en faire ?".

Les lignes habillant les courbes du corps féminin. 

Ce que le blog m’apporte, l’outil idéal de promotion du fait main. Et parler de l’histoire de la mode et de ses créateurs ; leur cheminement de pensé, la société, le contexte dans lequel c’est arrivé, c’est s’éloigner de l’image superficielle de "La Mode". C’est avant tout montrer que c’est un médium d’expression comme un autre. Pour le designer, c’est un art en mouvement, pour ceux qui portent les vêtements (tout le monde donc !) c’est un moyen d’exprimer qui l’on est. Vous me direz : Pas tous ! Pour certain ce n’est qu’un moyen de ne pas sortir tout nu. Oui, mais ce rapport au vêtement en dit tout aussi long sur le rapport qu’ils entretiennent à leur corps et aux autres. Le style d’une personne ne résumera pas sa personnalité, car on peut tromper les gens, mais il n’est jamais sans lien avec une partie de nous. Qu’est-ce qu’un vêtement ? Ce ne sont pas que des pièces de tissu assemblées entre elles. C’est un objet qui couvre la peau. Ce sont des formes qui modifient notre corps, qui accentuent ou dissimulent ses caractéristiques, grâce à des coutures bien placées. Ce qui fait que l’on se sent avantagé ou non lors d’essayages, c’est souvent en raison d’une coupe inadapté à notre morphologie. La couture est un domaine plastique ; le tissu est un médium comme les autres. Je suis toujours fascinée de voir comment une taille plus ou moins haute, des épaules ajustés ou tombante, façonnent le corps, par des illusions d'optique. 

Je ne sais pas si l’on peut dire que j’aime tous les aspects de la création. J’adore les problèmes et j’aime les résoudre ; mais à choisir, une fois le modèle dessiné, le tissu et les finitions choisies, j’aimerai déléguer la réalisation à quelqu'un d'autre. Les étapes d’avant ont demandé beaucoup d’énergie et de temps, alors pourquoi je m’y met ? Peut-être pour l’instant d’après, celui de la délivrance, où on peut dire, c’est moi qui l’ai fait ! La satisfaction du travail accompli. Il y a un vrai plaisir, à tenir dans ses mains, la concrétisation de ce qui sort de notre imagination. Et c’est pour ça qu’on recommence, parce que ce serait trop frustrant de laisser les idées sur le papier. C'est pour toutes les raisons évoquées, que je conçois et pense à l'objet vêtement, la couture et la technique ne sont que la cerise sur le gâteau.

Et vous, qu'est-ce qui vous pousse à créer ? A coudre ? A réaliser ce qui se construit dans votre tête ? 

S'habiller pour mariage, quand on est enceinte

Quand on est enceinte, on ne sait pas quoi porter au quotidien ; pour une occasion, c'est encore plus vrai. La saison des mariages est officiellement ouverte ; on va danser, rire et bien manger . Un seul petit « trouble » à l’horizon, c’est aussi la période de l’année où il y a le plus de ventres ronds. C’est peut-être actuellement votre cas ou celui d’une amie ? Quoi qu'il en soit, fin mai, c’était mon tour de me poser cette question.

A un mariage on aime être élégante et quitte à investir, on apprécie de rentabiliser nos achats sur le long terme. C'est bien le cœur du problème, jusqu'à 5 mois, on peut s'y retrouver, mais au-delà cela va nous demander un peu plus de créativité. Un mariage c’est souvent sur deux, voir trois jours, à priori c’est une difficulté supplémentaire. La parade pour répondre à tous les cas de figure (prise de poids, météo capricieuse...), c’est de choisir deux tenues, diamétralement opposées, en style et en saisonnalité. Parce qu’une chose est sûre, vous ne pourrez pas connaitre la météo en avance. Le but étant d’avoir la tenue la plus adaptée, pour être au mieux le jour où on prend les photos !

  1. Il faut trouver le juste milieu entre l’esthétisme et le confort. Privilégiez toujours des tissus souples, oubliez les robes cocktail traditionnelles.
  2. Il vaut mieux apporter de quoi se couvrir, car vous bougerez moins que les autres invités et vous ne pourrez pas boire pour vous réchauffer.
  3. Surtout : Pensez à des chaussures de rechange.

En revanche le confort ne justifie pas tous les looks. Par exemple, je ne recommande pas de porter des robes amples ET longues à la fois. Dans ce grand volume de tissu, qui ne révèle aucune partie du corps, on perd complètement la silhouette. C'est l'effet sac assuré, on a juste l'air énorme. Mais les robes longues sont très jolies, quand elles sont près du corps. La grossesse c’est le moment idéal pour mettre les courbes en valeur et ça reste encore la meilleure solution pour cacher les jambes gonflées. C’est un « pensez-y bien » ;)

Mes deux options

Fidèle à mon plan, je suis partie avec deux robes ; une que j'avais faite pour l'occasion et une piochée dans mon placard. Pour le jour J, c'est finalement celle du placard qui était la plus adaptée. Légère et dans une matière très originale (le jersey de cupro), j'adore sa coupe. Elle est moulante, avec un décolleté porte feuille et un ensemble de plis qui forment des drapés. Le jersey est l’ami des femmes enceinte, c’est doux et confortable. Si vous n’en avez jamais eu, c’est probablement l’une des robes dans laquelle vous allez investir pour ces 9 mois de parenthèse. 

Le lendemain était beaucoup moins clément, j'ai pu profiter de ma nouvelle création. J’ai une grande passion pour les robes « baby doll », particulièrement adaptées à la grossesse, puisque très ample. J’aime d’autant plus l’idée, que grâce à sa forme, je peux la porter maintenant, à neuf mois de grossesse et même après, sans qu’on me pose la désagréable question « c’est pour quand ?! » alors que j’aurai déjà accouché depuis deux mois !  

Généralement dotée de fronces, ma robe en a sous la poitrine pour laisser s’arrondir mon ventre. Le détail du col Claudine en soie rouge souligne le look enfantin. Si vous aussi, vous êtes attirés par ce genre de robe, j’ai pensé à quelques détails qui font la différence. Tout d’abord, elle s'ouvre au milieu devant, ce qui est indispensable à l'allaitement qui va suivre. Ensuite, j’ai peu de robes à manches et là ou je vis (le nord de l’Angleterre) ça va m’être utile, même en été. J’ai donc opté pour des manches ¾ froncées, pour la fantaisie. On est loin de la robe cocktail ayant fait le succès de Balenciaga, mais tous les ingrédients sont là. Elle est drôle, chaude et confortable, je ne lui en demandais pas plus.

Le style de Balenciaga

La robe baby doll a été inventé par Cristóbal Balenciaga en 1954 et à connu le succès à partir de 1958. J’étais partie du préjugé que le robe babydoll était juste une évolution de la robe chasuble et qu’elle était donc bien plus réçente. Mais c’est en fait, le fruit de toute une réflexion sur la coupe et le corps, tirée directement des lignes droites des kimonos japonais (grande inspiration de l’époque). On gomme les formes, on change les lignes qui structurent d’ordinaire la silhouette, pour casser les codes et désexualiser. Le résultat est une robe trapèze enfantine, raz du cou, très volumineuse, ajustée aux épaules. A l’origine Balenciaga la dessine juste au-dessus du genou, avec la ligne de taille abaissé et froncée sur les hanches. On voit toujours, lors des défilés de la Maison, des réinterprétations très poétiques de cette robe.

 Cristóbal Balenciaga, printemps/été 1958.  Robe cocktail "Baby doll"  - Balenciaga Archives.

Cristóbal Balenciaga, printemps/été 1958. Robe cocktail "Baby doll" - Balenciaga Archives.

Aujourd’hui la babydoll est revenue à la mode, chaque été depuis au moins cinq ans, elle souffle un vent de fraîcheur dans notre penderie. Toutefois, si les fondamentaux restent les mêmes, quelques évolutions ont eu lieu. On les trouve désormais beaucoup plus courtes ; si courtes qu’elles sont parfois vendues avec un short ou un bloomer (on reste dans l’enfance). On est parfois plus dans la robe de plage que dans la robe cocktail d'origine. La ligne de fronces change aussi, elle peut se trouver aux hanches, à la taille ou sous la poitrine et enfin les manches, bouffantes ou non, sont de toutes les longueurs. On a élargi le champ des possibles.

Pour les grossesses, je ne pense pas trouver solution plus rentable. La babydoll se porte dans tous les états, enceinte ou non, vous allez pouvoir la ressortir les saisons suivantes et c’est ce qu’on aime. La robe que je me suis faite pour le mariage est chaude, elle sera parfaite pour la rentrée et pour cet hiver, mais je dois m’en faire au moins une autre pour cet été. Je vous partagerai mon patronage original avec plaisir.


Références :

  • Arizzoli, Pierre / Arzalluz, Miriam / Cerrillo Rubio, Lourdes / Jouve, Marie-Andrée. Balenciaga : Cristóbal Balenciaga museoa. Éditions du Regard, 2011.

Le Fast Fashion ou la mort du prêt-à-porter

Les dessous de vos dessus

 Je boude, j'ai jamais rien à me mettre !

Je boude, j'ai jamais rien à me mettre !

Le « fast fashion » est une technique de marketing de mode assez récente. On s’habille tous très largement dans ces enseignes, qu’on ait les moyens d’aller ailleurs ou non. Sans les citer, vous allez très vite les reconnaître. Leurs prix sont imbattables, les collections tournent très vite et on peut même recycler nos anciens articles dans certains magasins ; le rêve quoi ! Et bien, on va voir que non.

Le « fast shopping » ou « fast fashion », sont des termes utilisés par les marques de retail (le prêt-à-porter) pour décrire des créations peu chères, passant du bureau de style aux rayons des magasins en quelques semaines. Le but est d’introduire sur le marché plus de 4 collections par an, entrecoupées de collections capsules éphémères, pour inciter le consommateur à acheter toujours plus et souvent. En opposition, il y a le slow fashion, qui peut désigner un mouvement citoyen qui prône un retour à une consommation éthique et au fait maison (tout comme la « slow food » s’érige contre le fast food).  Le prêt-à-porter industriel est né au milieu du XX° siècle. Jusqu’à la 1ère guerre mondiale, tous les vêtements étaient faits sur-mesure ou fabriqués par madame, à la maison. L’installation de boutiques est venue progressivement, par le haut-de-gamme tout d’abord, puis par l’arrivée d’enseignes accessibles tel que H&M (1947). Pour autant, le fast fashion n’existe que depuis les années 2000 et le concept va très loin, puisque nous parlons désormais de mode jetable.  

Une mode accessible à tous, c’est une noble qualité à première vue. On se dit que les plus démunis peuvent eux aussi acheter des vêtements dans l’air du temps. Mais ne vous y tromper pas, ce n’est pas le public visé en réalité. Si on revient sur le concept de capsules éphémères, on voit qu’il est question d’inciter le client à revenir consommer. On parle donc à une population avec un pouvoir d’achat suffisant pour repartir (comme je le vois quotidiennement en Angleterre) avec des poches remplis à ras bord. Les achats se font en quantité de façon irraisonné, car à bien des égards, ces articles sont d’une grande médiocrité, ils n’ont aucune tenue dans le temps. Renouveler les collections en continu, veut aussi dire que les vêtements se démodent très vite, des tonnes d’articles sont donc jetés chaque semaine. Le prêt-à-porter est de base l’une des industries les plus polluante de la planète, trouver de l’éthique à tous points du maillon de la chaine, qui ne fasse pas 20000 km pour arriver jusqu’à nous, relève de l’exploit. Mais si en plus de cela, on incite les gens à consommer en masse de mauvais produits, qui seront inutilisables au bout d’un mois, on ne peut plus considérer que le prix constitue une plus-value, c’est même le contraire. Leur client moyen n’achète pas par nécessité mais parce qu’il en veut plus.

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La valeur des choses

Les années 50’s sont loin. En l’espace de deux générations, la valeur que nous donnons aux choses à beaucoup évolué. Nous avons perdu quelques notions en route, en premier lieu le savoir-faire. La confection d’un vêtement était connue de tous auparavant, qui sait désormais qu’un pantalon de ville est normalement doublé sur le devant ? Qui utilise encore l’expression « pantalon de ville » ? :D

Le problème est vraiment lié au manque de connaissance de la population, sur les processus de création. L’argument le plus utilisé par les clients de ces enseignes est le suivant : Pourquoi j’irais acheter un vêtement plus cher si je peux avoir « le même » pour moitié prix ? La réponse est simple, ce n’est pas « le même ». D’abord, tout le processus de fabrication a été raccourci. Un bureau de style n’a pas la capacité créative pour générer 6 collections par an, la solution est le plagiat massif de looks vus sur les podiums et sur des sites de jeunes designers qui n’ont pas les moyens de se défendre. Il n’y a pas ou peu de prototypes, ce qui explique que beaucoup de modèles n’ont pas un beau tombé ou que les tailles soient approximatives. Le contrôle qualité des pièces en sortie de chaine de fabrication est minime, il y a des fils non coupés et des finitions pas très propres (sans parler de la qualité des tissus). Ce qui joue le plus, c’est la quantité fabriquée, ils commandent des dizaines de milliers de pièces, ils font donc jouer la concurrence pour tirer les prix vers le bas, ainsi, les vêtements réalisés ne coutent que quelques centimes à l’unité. Et comme vous le savez déjà, là où il y a les prix les plus bas, les conditions de travail sont forcément minables. Pour finir, l’organisation des magasins est faite, pour que vous n’ayez pas à demander de tailles ou de conseils, il n’y a pas de service clients, il n’y a que des magasiniers et des caissiers.

Si je parle de mort du prêt-à-porter, c’est parce qu’elle est réelle. Une enseigne qui met du temps et des moyens dans ses collections et son service client, ne peut pas afficher les mêmes tarifs. C’est pourquoi depuis 5 ans, fleurissent tous les mois les « ventes privées », les « promotions exceptionnelles » et les « pré-soldes », c’est parce qu’ils ne vendent plus. Les autres marques essaient de garder leur renommée tout en cherchant à faire des économies de bout de chandelle. Ils baissent parfois la qualité des matières et des collections, ce qui a pour résultat de braquer les clients connaisseurs, qui désertent les magasins. C’est le serpent qui se mord la queue. Si ces enseignes ne font pas machine arrière pour renouer avec leur identité de marque et leur qualité d’origine, elles signent leur fin. Ainsi nous n’aurons plus le choix qu’entre les magasins de luxe, le très haut de gamme ou le fast fashion.

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Le mirage stylistique et éthique

Au-delà du prix, que nous promettent les enseignes de fast fashion ? Le style, être à la mode. Tout d’abord en relayant les tendances haute couture. A la fashion week 2016, on a pu voir des insectes brodés dans toutes les collections ; l’hiver d’après, il y en avait sur tous les pulls à bas prix. Il n’a jamais été aussi facile de s’acheter une certaine idée du luxe. Depuis 5 ans, ils frappent encore plus fort, en réalisant des partenariats avec des stylistes de grande renommée. De la haute couture à prix cassé, pour s’éloigner encore plus de la valeur des choses. Bien sur les vêtements réalisés à l’occasion sont plus chers, on vends l’exclusivité et le public est au rendez-vous, puisqu’il pense acheter du luxe à 100€. C’est le coup de grâce, comment défendre un travail de qualité, devant cette mascarade ? C’est une escroquerie. Il y a donc possibilité de trouver des pièces très mode, à très bas prix. C’est offrir la possibilité à tous de s’habiller et d’affirmer un style unique. Car ils vendent ça aussi, la singularité. Cela transparait dans les publicités, les égéries et même leurs magasiniers punks. C’est vrai que la diversité annuelle de pièces est faramineuse, mais c’est oublié qu’elles sont fabriquées en masse. On nous vend l’originalité par mètre cube, ce qui revient à être tous habillé pareil, où est le style personnel promis ? On pense gagner en liberté et en choix, mais il se produit le contraire.

« The last, but not the least », les politiques de recyclage de nos vieux vêtements. Ne vous laissez pas avoir par certaines enseignes, qui vous invitent à leur retourner vos anciens achats pour les « recycler » ou les donner. Ce n’est qu’un mirage de plus, car on vous dit, qu’on va re-fabriquer de nouveaux vêtements grâce aux fibres, ce qui est possible, mais très technique. H&M se démarque avec des collections capsule « conscious » . L’idée est de créer de nouvelles matières à base de fibres récupérées sur ces retours, y compris à base de polyester, généralement incinéré. Cela s’appelle du greenwashing ou comment laver son image en donnant l’impression d’être écolo. Attention, ce sont de très jolies petites collections, il y a du bio, il y a du recyclé, mais on parle de combien de vêtements ? Alors que la marque mettait en avant cette campagne, une enquête tendait à prouver qu’elle brulait dans les 12 tonnes d’invendus par an. Simple question logique : Si H&M brule 12 tonnes par an de vêtements neufs, quelle est la probabilité que votre vieux T-shirt trouve une nouvelle vie « conscious » ? C’est le même problème pour les autres recycleries, peu de vêtements sont suffisamment en bon état pour être donnés. Les fibres naturelles sont recyclées en nouvelle fibre depuis longtemps, mais les autres matières sont souvent mélangées, issues de la pétrochimie, elles peuvent être fondues pour être incorporées dans des plastiques, mais elles finissent pour la plupart incinérées et font grossir les nuages de pollution.

 

Les individus se questionnent aisément sur leur alimentation et la qualité de vie des agriculteurs, sur les répercutions environnementale et l’éthique de leur produits cosmétiques ; ils sont moins nombreux à se soucier de l’impact écologique, économique et sociale de leur consommation de vêtements. C’est une responsabilité que nous avons, de se demander pourquoi et comment nous consommons. Soyez curieux, renseignez-vous sur les méthodes de fabrication, sur la charte des entreprises et sur les créateurs locaux. Regardez votre dressing dans les yeux ; vous n’avez pas besoin de vêtements, vous en avez envie. Si c’est un tel plaisir, devenez collectionneur ; dans cette jungle d’enseignes, partez chassez des articles qui vous représentent, classiques ou originaux, mais surtout durables.

Je ne vais pas conclure en faisant l’apologie du fait-main. Le but de cet article est de se questionner sur notre consommation au quotidien. J’aime le prêt-à-porter, la diversité des enseignes et donc des styles. Je souhaite que la liberté apportée par cette industrie, perdure, pour que chacun y trouve son compte. Je ne pense pas que ce soit un hasard que le prêt-à-porter soit né dans les années 50’s, il coïncide avec l’émergence du féminisme. Si avant, pour s’habiller, une famille devait compter sur les talents de couturière d’une mère au foyer, ce n’est plus le cas maintenant. Coudre ses vêtements n’est plus une nécessité, c’est un plaisir. Un plaisir que j’aime partager et promouvoir, pour préserver le savoir-faire. Faire l’expérience de coudre un vêtement, remet beaucoup de certitudes en perspective. Oui c’est long, oui c’est difficile et oui vous allez devoir découdre et recommencer, parce qu’avant d’être un loisir, c’est un métier.


Références :

  • Hennes & Mauritz. (2018, April 22). Retrieved from https://fr.wikipedia.org/wiki/Hennes_&_Mauritz
  • Fernando, J. (2017, December 08). Fast Fashion. Retrieved from https://www.investopedia.com/terms/f/fast-fashion.asp
  • ALEAUR, D. (n.d.). Filire mousses et textiles. Retrieved from http://www.oree.org/recyclage-valorisation/filiere-textile.html
  • AYMOND, G. (2017, November 27). H&M brûle des tonnes de vêtements pour produire de l'électricité. Retrieved from https://www.capital.fr/economie-politique/h-m-brule-des-tonnes-de-vetements-pour-produire-de-lelectricite-1257771
  • (2012, May 23). Retrieved April 23, 2018, from http://www.dailymotion.com/video/xr0iwd